Le taux de croissance de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, tiré par l'or et le gaz, a augmenté mais profite peu à sa population, a pointé jeudi un rapport de la Banque mondiale.
L'archipel a enregistré une croissance économique de 5,6% l'année dernière, contre 3,4% en 2024, grâce à la flambée des cours mondiaux de l'or, du cuivre et du gaz naturel liquéfié (GNL).
Mais ces secteurs ne représentent que 6% des emplois formels et les bénéfices des projets gaziers financés par des investisseurs étrangers sont restés hors du pays, selon un rapport de la Banque mondiale.
En tenant compte de la forte croissance démographique, l'emploi a reculé de 0,3% en 2025, relève l'institution, ajoutant que 80% des personnes ayant un travail relèvent du secteur informel.
Le rapport décrit "une économie en croissance qui ne profite pas à la plupart de sa population".
Un tiers des habitants vit à plus de deux kilomètres de routes praticables, restant ainsi isolé des marchés, des services et de l'emploi formel.
Maureen Ken, cheffe d'entreprise qui emploie 80 personnes dans son village de Goroka (centre) dans une usine de transformation de café, dit "se débattre", sans considération de la part des responsables gouvernementaux.
"Les enfants vont à l'école parce qu'ils (les salariés, NDLR) peuvent payer les frais de scolarité. Ils peuvent régler les frais médicaux à l'hôpital et acheter des médicaments", a-t-elle décrit à l'AFP par téléphone.
Pour Reshika Singh, économiste principale de la Banque mondiale pour la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le gouvernement doit trouver des moyens de soutenir les entreprises privées s'il souhaite créer suffisamment d'emplois, notamment en améliorant "l'accès aux routes et aux moyens de transport".