La coopérative laitière Sodiaal (Candia, Entremont, Yoplait) a enregistré des ventes en hausse en 2025 mais s'inquiète pour les éleveurs laitiers en 2026, qui pâtissent d'une surproduction laitière mondiale, des conséquences de la guerre au Moyen-Orient et des vagues de chaleur.

L'an dernier, les ventes de Sodiaal ont gagné près de 7% à 6,2 milliards d'euros et dépassé les 500 euros payés aux éleveurs pour 1000 litres de lait, malgré des "pertes exceptionnelles liées au retournement du marché au second semestre".

"Le prix du lait que nous avons atteint en 2025 de 505 euros/1000L est historique, il inclue la redistribution du résultat. C'est la preuve que notre modèle coopératif fonctionne et qu'il est le meilleur rempart pour nos éleveurs face aux aléas de marché. Nous ne lâchons rien", a déclaré Jean-Michel Javelle, éleveur laitier et président de la coopérative Sodiaal, cité dans un communiqué publié jeudi.

La coopérative est toutefois inquiète pour 2026. Après un bon début d'année 2025, le numéro deux français du lait (derrière Lactalis) avait baissé le prix versé aux éleveurs au second semestre face à une abondance de lait au niveau mondial qui a fait chuter les cours sur les marchés.

Les coopératives reversent habituellement une part de leurs bénéfices aux adhérents (13.900 éleveurs pour Sodiaal) et investissent ou constituent une réserve avec le reste.

En 2024, Sodiaal avait enregistré un bénéfice de 103,9 millions d'euros, en hausse de 68% par rapport à 2023, année du retour dans le vert.

En 2025, la coopérative a procédé à 160 millions d'euros d'investissements industriels (+20% par rapport à 2024) et observé un excédent brut d'exploitation (Ebitda) de 205,9 millions d'euros mais n'a pas communiqué son résultat net précis.

"L'année 2025 porte l'empreinte de pertes exceptionnelles liées au retournement du marché au second semestre, un effet conjoncturel qui n'altère pas la trajectoire de fond. Pour la troisième année consécutive, les résultats sont bien orientés, le signe d'une transformation qui avance", indique seulement le communiqué, sans expliciter le montant des pertes.

"L'exercice 2026 s'ouvre dans un contexte sensiblement plus difficile pour la coopérative" en raison de la "surproduction laitière" mondiale mais aussi des difficultés rencontrées par les éleveurs dont les coûts (engrais, énergie) ont augmenté avec la guerre au Moyen-Orient, prévient-elle.

Dans Le Figaro, le directeur général Antoine Collette évoque "un surcoût de 30 millions d'euros" et plaide pour une augmentation des prix en rayons pour compenser.

A cela s'est ajoutée la vague de chaleur, qui a entraîné "stress thermique des animaux, baisse de la production laitière, hausse des consommations d'eau et d'énergie" et adaptation nécessaire des bâtiments. La coopérative ne donne pas d'estimation du prix du lait pour 2026.