La Banque centrale européenne (BCE) devra composer avec des chocs géopolitiques plus fréquents, mais la "résilience" acquise par la zone euro la place dans une meilleure position pour en absorber les effets, a estimé lundi sa présidente Christine Lagarde.

Ces dernières années, de la pandémie aux conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, la BCE a dû composer avec une série de chocs mondiaux pesant sur l'inflation.

"Nous serons sans doute plus souvent confrontés à des chocs faisant dévier l'inflation de notre objectif, mais la résilience qu'a développée l'Europe limite leurs effets sur l'économie", a déclaré Mme Lagarde en ouverture du forum annuel de la BCE à Sintra, au Portugal.

La zone euro a ainsi résisté à la faillite l'an dernier de la banque californienne Silicon Valley Bank, à la plus forte hausse des droits de douane américains depuis un siècle, enfin au récent choc énergétique lié à la guerre au Moyen-Orient, a souligné la banquière centrale.

Cette résilience "a permis à la politique monétaire de se concentrer davantage sur sa mission fondamentale : stabiliser les prix au moyen des taux d'intérêt", a-t-elle expliqué.

Elle doit aussi naviguer entre les tensions géopolitiques, l'instrumentalisation de l'énergie, des minerais critiques ou encore de l'accès aux marchés, qui exposent la zone euro à des soubresauts de l'inflation.

Mme Lagarde a évoqué une "zone intermédiaire" dans laquelle les banquiers centraux seront confrontés à des chocs ni suffisamment faibles pour être ignorés, ni suffisamment graves pour justifier une réponse énergique immédiate.

Elle a ainsi défendu la hausse des taux décidée en juin, destinée à envoyer un signal que l'institution ne tolérera pas longtemps une inflation plus élevée liée au conflit au Moyen-Orient.

"Selon notre analyse, un maintien des taux directeurs (en juin) se serait traduit par un niveau d'inflation demeurant supérieur à 2% en 2027 et en 2028", a-t-elle martelé.

Elle n'a toutefois pas donné d'indication sur la suite du cycle monétaire. La prochaine réunion de la BCE est prévue le 23 juillet.

Son discours intervient en lever de rideau du forum de Sintra qui réunit chaque année depuis 2014 un aréopage de banquiers centraux, de responsables publics et d'universitaires.

Ils vont échanger jusqu'à mercredi dans un hôtel luxueux, en périphérie de Lisbonne, sur le thème "façonner l'avenir de l'Europe : innovation, croissance et stabilité".

Christine Lagarde participera mercredi à la traditionnelle table ronde avec d'autres grands banquiers centraux, entourée des gouverneurs de la Banque d'Angleterre Andrew Bailey et de la Banque du Canada Tiff Macklem, et du nouveau président de la Réserve fédérale américaine, Kevin Warsh.