"La France en été devient l'Espagne": le ministre du Travail va proposer aux partenaires sociaux un "voyage d'études" pour comprendre "comment la société espagnole s'est adaptée" aux fortes chaleurs et potentiellement s'en inspirer, a-t-il indiqué lundi.
"On va aller ensemble en Espagne. A Madrid, à 40 degrés, (la société) fonctionne", a dit Jean-Pierre Farandou sur Franceinfo.
"On va faire un voyage d'études et je vais proposer aux partenaires sociaux de venir. On y restera deux ou trois jours" et "on essaiera de comprendre comment la société espagnole s'est adaptée". "Il faut qu'on considère que la France l'été, ça devient l'Espagne. (...) c'est comme ça, et on s'adapte comme eux", a-t-il jugé.
En Espagne, le journée continue par exemple, permet aux entreprises et administrations de décaler leurs horaires de 8H à 15H entre juin et septembre. "Il faut aller comprendre comment ça marche, comment ils ont pris ces décisions, qu'est-ce que ça donne, est-ce qu'ils sont satisfaits des résultats", a poursuivi le ministre.
Les espagnols ont aussi prévu la possibilité de suspendre le travail dans les heures chaudes, en période de canicule, "dans les conventions collectives" des branches sectorielles, notamment dans le BTP, a-t-il souligné. Si c'était écrit dans les conventions collectives, "tout le monde le saurait", salariés, entreprises, et donneurs d'ordre. "Ça serait dans les contrats passés", a-t-il plaidé.
Au-delà, les "finales de sport" ou "les grands festivals" au mois de juin, l'accélération des chantiers avant l'été... De nombreuses "composantes de la société doivent être discutées", a-t-il dit.
M. Farandou a rappelé qu'il souhaitait la mise en place d'un groupe paritaire à l'automne, avec les partenaires sociaux, pour anticiper les prochaines crises. "Et ensuite chaque secteur, chaque branche professionnelle, devra s'emparer du sujet et réfléchir", a-t-il dit.
En un mois, 2.600 contrôles ont été réalisés par l'inspection du travail, pour vérifier notamment le respect des règles instaurées par un décret de 2025 qui renforçait les obligations des employeurs dans les zones en "vigilance canicule". Ces contrôles ont donné lieu à 227 mises en demeure, a-t-il dit et les entreprises qui ne se mettent pas en conformité "seront sanctionnées", a-t-il promis.
M Farandou s'est, en revanche, prononcé contre l'idée de déterminer un seuil de température au-delà duquel il faudrait stopper le travail, ou encore celle d'un congé climatique. "On ne peut pas arrêter le pays quand il fait chaud. A 30 degrés, la France sait fonctionner", a-t-il dit.