par Diana Mandia

Wall Street est attendue en légère baisse et les Bourses européennes reculent mercredi à mi-séance, à l'exception de Francfort, dans un climat de prudence après un deuxième trimestre solide et alors que les négociations au Moyen-Orient restent entourées d'incertitude.

Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture en baisse de 0,20% pour le Dow Jones DJ:DJI, de 0,13% pour le Standard & Poor's-500 CBOE:SPX et de 0,34% pour le Nasdaq.

À Paris, le CAC 40 EURONEXT:PX1 perd 0,63% à 8.351,15 points vers 11h08 GMT. À Francfort, le Dax XETR:DAX avance de 0,27% et à Londres, le FTSE 100 CURRENCYCOM:UK100 cède 0,30%.

L'indice EuroStoxx 50 VELOCITY:STOXX50 perd 0,24%, le FTSEurofirst 300 FTSE:E3X cède 0,25% et le Stoxx 600 TVC:SXXP abandonne 0,25%.

Le troisième trimestre démarre sur une note de prudence après un deuxième trimestre terminé en fanfare, l'indice Stoxx 600 ayant enregistré sur la période sa plus forte depuis plus de cinq ans, porté par l'engouement pour l'IA et les espoirs de paix au Moyen-Orient.

Les négociations entre les États-Unis et l'Iran visant à mettre fin durablement à leur guerre semblent toutefois connaître des débuts difficiles, Téhéran réclamant le respect de l'accord provisoire signé avec les Etats-Unis en juin avant toute nouvelle réunion, et incitent les investisseurs au repli.

Pour l'instant, des pourparlers techniques et indirects sont en cours entre les deux parties à Doha, avec pour intermédiaires le Qatar et le Pakistan, a déclaré mercredi à Reuters une source.

La politique monétaire reste également un sujet de préoccupation.

La chute rapide des cours du pétrole à la suite de l'accord conclu en juin a constitué un soutien précieux pour les marchés d'actions européens ces dernières semaines, ce qui a entraîné un ralentissement de l'inflation à 2,8% le mois dernier dans la zone euro, plus marqué que prévu, selon les données publiées ce mercredi.

"La baisse des prix de l'énergie observée sur les marchés en mai et juin et qui a commencé à se répercuter sur les prix des carburants, a déjà un impact favorable sur l'inflation (...) Le pic d'inflation semble donc avoir été atteint en mai", souligne dans une note Juliette Cohen, stratégiste chez la société de gestion d'actifs CPRAM.

Mais, même si les chiffres apportent un soulagement, cela ne semble pas suffire pour l'instant à éviter une politique monétaire plus restrictive de la part des banques centrales à l'avenir.

La grande majorité des économistes et des investisseurs estime que la Banque centrale européenne (BCE) devrait relever ses taux à nouveau en septembre ou en octobre, même si elle marque une pause en juillet.

Aux États-Unis, les investisseurs craignent également que la Réserve fédérale (Fed) ne soit contrainte de relever ses taux et de les maintenir à un niveau élevé pour maîtriser l'inflation déclenchée par la guerre.

Le nouveau patron de la banque centrale américaine, Kevin Warsh, doit par ailleurs s'exprimer mercredi à partir de 13h00 GMT dans le cadre du symposium organisé par l'institut de Francfort à Sintra, au Portugal, aux côtés de la présidente de la BCE, Christine Lagarde, le gouverneur de la Banque d'Angleterre (BoE), Andrew Bailey, et le gouverneur de la Banque du Canada (BoC), Tiff Macklem.

Les investisseurs analysent également une longue série de données relatives à l'activité du secteur manufacturier de la zone euro, solide sur le trimestre , avant la publication, plus tard dans la journée, de nouvelles données sur le marché du travail américain, qui constituent un avant-goût de l'influent rapport sur l'emploi prévu jeudi.

LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET

Nike NYSE:NKE recule de 3,5% en avant-Bourse après avoir laissé entendre mardi que sa stratégie de redressement se heurtait encore à des obstacles importants, la faiblesse du marché chinois et les perspectives prudentes reléguant au second plan un chiffre d'affaires du quatrième trimestre légèrement supérieur aux prévisions.

Le S&P-500 et le Nasdaq ont par ailleurs confirmé des gains trimestriels sans précédent depuis 2020, alors que les investisseurs sont restés optimistes sur l'économie et les résultats des entreprises malgré la guerre avec l'Iran.

VALEURS EN EUROPE

Le secteur technologique (.SX8P) reste dans le vert mercredi (+0,66%) après avoir enregistré sa meilleure performance trimestrielle depuis fin 2001.

À Paris, Schneider Electric EURONEXT:SU, qui a signé un accord afin d'acquérir Cognite Holding, perd 2,2%.

Ailleurs en Europe, Associated British Foods LSE:ABF, propriétaire de Primark, cède 3% après avoir dit toujours anticiper un bénéfice annuel inférieur à celui de l'année précédente.

Le fabricant suédois d'équipements de défense Saab OMXSTO:SAAB_B avance de 3,1% après avoir signé un contrat portant sur la livraison de 16 avions de chasse Gripen E à l'Ukraine.

Les actions des fabricants de vêtements de sport sont en revanche pénalisées par les perspectives prudentes de leur concurrent américain Nike NYSE:NKE. Adidas XETR:ADS et Puma XETR:PUM perdent respectivement 1,45% et 1,35%

TAUX

Les rendements obligataires à long terme de la zone euro progressent légèrement sur fond d'incertitude au Moyen-Orient et dans le sillage de la tendance observée chez leurs homologues américains.

Le rendement du Bund allemand à dix ans (DE10YT=RR) prend 2 points de base à 2,9307%. Le deux ans (DE10YT=RR) est toutefois stable, à 2,5336%, après la publication des données sur l'inflation dans le bloc, qui apaisent les craintes d'une hausse des taux plus tard ce mois-ci.

Aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à dix ans TVC:US10Y gagne 4,5 points de base à 4,4672%, tandis que celui de l'obligation à deux ans (US2YT=RR) prend 3,5 points de base à 4,1743%.

"Les marchés semblent plutôt nerveux à l'approche de l'intervention de Kevin Warsh à Sintra, ainsi que de la publication demain du rapport sur l'emploi non agricole", note Pooja Kumra, analyste chez TD Securities.

Les opérateurs estiment à 67% la probabilité que la Fed relève ses taux en septembre, contre une probabilité de 20,5% il y a un mois, selon le baromètre FedWatch de CME Group.

CHANGES

Le dollar gagne 0,15% face à un panier de devises de référence TVC:DXY, soutenu par la hausse des rendements des bons du Trésor américain.

Le billet vert a par ailleurs atteint un nouveau sommet à 162,84 yens FX_IDC:USDJPY dans les échanges en Asie, dépassant largement les niveaux qui avaient incité les autorités japonaises à intervenir il y a quelques mois pour soutenir leur monnaie, qui évolue à un plus bas en 40 ans face à la devise américaine.

L'euro perd pour sa part 0,21% et s'établit à 1,1397 dollar FX:EURUSD.

PÉTROLE

Les cours du pétrole reculent mercredi, alors que les investisseurs suivent de près l'évolution des négociations entre l'Iran et les États-Unis et attendent des données sur les réserves américaines.

Le Brent ICEEUR:BRN1! recule de 1,03% à 72,22 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) NYMEX:CL1! de 1,01% à 68,80 dollars.

PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 1ER JUILLET :

PAYS

GMT

INDICATEUR

PÉRIODE

CONSENSUS

PRÉCÉDENT

USA

12h15

Enquête ADP sur l'emploi

juin

118.000

122.000

USA

14h00

ISM manufacturier

juin

54,0

54,0

(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)