Ce qu'il faut retenir :
- Solana a lancé un système de gouvernance onchain, Solana Governance Proposals, avec des votes pondérés par le stake.
- Un validateur doit staker au moins 100 000 SOL, soit environ 7,7 millions de dollars, pour ouvrir une proposition.
- Les stakers peuvent désormais renverser le vote de leur validateur, un principe baptisé souveraineté du staker.
Solana a activé un système de gouvernance onchain, baptisé Solana Governance Proposals (SGP), qui donne pour la première fois à ses validateurs et à leurs délégataires un vote enregistré directement sur la blockchain. Le lancement, visible sur le dépôt GitHub de la Solana Foundation, fixe une barre d'entrée nette : un validateur doit avoir au moins 100 000 SOL stakés, soit environ 7,7 millions de dollars, pour ouvrir une proposition. Imaginez une entreprise qui accorderait enfin un droit de vote réel à ses actionnaires après des années de décisions prises par le seul conseil d'administration.
Comment fonctionne la gouvernance onchain de Solana ?

Chaque SGP prend la forme d'une question en langage clair : le réseau doit-il partir dans telle direction ? Le vote est pondéré par la quantité de SOL stakée par chaque participant, le décompte est inscrit sur la blockchain et vérifié à l'aide d'une preuve de Merkle, une méthode cryptographique qui valide qu'un vote appartient bien au total sans recalculer l'ensemble.
Une proposition ne passe pas au vote de façon automatique. Elle doit d'abord réunir le soutien d'au moins 15 % du stake actif, un filtre pensé pour éviter que le réseau se prononce sur des sujets qui n'intéressent presque personne. Une fois ce seuil franchi, le processus suit un calendrier fixe rythmé par les epochs, ces périodes d'environ deux jours que Solana utilise pour organiser son fonctionnement. D'après crypto.news, ce cycle dure onze epochs : sept pour la discussion, une pour un instantané du stake, trois pour le vote.
Pour être adoptée, une proposition a besoin d'une supermajorité, soit au moins les deux tiers du stake exprimé pour ou contre, les abstentions étant écartées du calcul. Aucun quorum minimum n'est exigé.
SGP ou SIMD : qui décide quoi
Le nouveau dispositif sépare deux questions que Solana traitait jusqu'ici ensemble. Un SGP, porté par la communauté et les validateurs, pose la question de fond : faut-il le faire ? Un second circuit, plus ancien, le Solana Improvement Document (SIMD), gère la suite : comment le faire, avec les détails techniques revus par les développeurs cœur du réseau. Un « oui » sur un SGP vaut mandat pour avancer, et le travail d'ingénierie qui suit est rédigé sous la forme d'un ou plusieurs SIMD.
La souveraineté du staker, cœur du dispositif
Le point le plus marquant tient au pouvoir rendu aux délégataires. Un staker, c'est-à-dire un détenteur de SOL qui confie ses jetons à un validateur plutôt que de faire tourner son propre nœud, encaisse des récompenses de staking sans gérer d'infrastructure. Il peut désormais renverser le vote de son validateur, ou voter lui-même si ce dernier s'est abstenu, le tout pondéré par son propre stake. La Solana Foundation nomme ce principe la « souveraineté du staker », une façon de garder le pouvoir de vote entre les mains de ceux qui détiennent les jetons.
Ce qu'il faut surveiller
Le calendrier des premières propositions sera scruté de près, à commencer par la ratification annoncée d'une Constitution Solana via un premier SGP. Reste à voir si les stakers se mobiliseront en nombre : une faible participation ouvrirait la porte à une capture de la gouvernance par une poignée d'acteurs. Le lancement tombe alors que SOL a grimpé d'environ 16 % en une semaine, autour de 82 dollars, l'un des rares grands jetons à progresser pendant que le reste du marché reculait.