L'actionnaire principal de Casino, Daniel Kretinsky, et ses créanciers ont achevé leurs discussions sur la restructuration de la dette du distributeur, et il "appartient désormais au conseil d'administration" de "formuler" une "proposition", a indiqué un porte-parole du groupe à l'AFP mercredi, sans préciser si un consensus avait été trouvé.

Passé sous le contrôle du milliardaire tchèque en 2024 après des années de pertes et de surendettement, Casino (Monoprix, Franprix, Naturalia, Cdiscount, etc.) doit rembourser 1,4 milliard d'euros en mars 2027. Un montant qu'il souhaite largement réduire, via d'âpres négociations entamées en novembre et censées s'achever mardi.

"Chacune des parties prenantes a pu faire valoir ses propositions et il appartient désormais au conseil d'administration du groupe de formuler, dans l'intérêt social de l'entreprise, une proposition de modification des plans de sauvegarde en cours", a déclaré à l'AFP un porte-parole de Casino, au lendemain de la date butoir des négociations.

"Cette proposition sera d'abord soumise au vote des classes de parties affectées (actionnaires, banques, créanciers, NDLR), puis à l'approbation du tribunal des activités économiques de Paris", a ajouté la même source.

"L'objectif poursuivi par le groupe est, comme prévu, que les opérations de renforcement de sa structure financière soient finalisées au cours du second semestre 2026", conclut le porte-parole.

La dette de Casino a déjà été allégée de près de 5 milliards d'euros lors d'une première restructuration il y a deux ans, qui s'était traduite par le départ du PDG historique, Jean-Charles Naouri, mais elle a de nouveau gonflé depuis.

Initialement, France Retail Holdings (FRH), détenu majoritairement par M. Kretinsky et actionnaire principal de Casino à hauteur de 53%, proposait une augmentation de capital, de 300 millions d'euros, en échange d'une dette contenue à 800 millions d'euros (soit un abandon de 600 millions d'euros de créances), un abaissement du taux d'intérêt de 9% (équivalent à 126 millions d'euros par an) à 6%, une échéance repoussée et un contrôle actionnarial renforcé.

Mais les créanciers ont fait valoir qu'ils pouvaient eux-mêmes apporter de l'argent frais et prendre les manettes de la société, réclamant une part de capital plus importante.

Dans sa dernière proposition rendue publique fin mars, FRH a proposé de réinjecter 390 millions d'euros, contre une dette contenue à 850 millions d'euros, et un contrôle actionnarial de 54%, pouvant aller jusqu'à 62,6%.