L'Union européenne a accordé mardi un traitement de faveur à ses partenaires commerciaux privilégiés, comme le Royaume-Uni, la Suisse ou la Turquie, dans le cadre de ses mesures visant à protéger l'industrie européenne de l'acier contre les surcapacités chinoises.
A compter de mercredi, l'UE va doubler ses droits de douane sur les importations d'acier, qui vont être portés à 50%, et réduire de près de moitié (47%) les quotas d'importation exonérés de droits de douane.
Comme prévu, les volumes d'acier exemptés de droits de douane à leur entrée dans l'UE vont être ainsi ramenés à 18,3 millions de tonnes par an.
Sur ce total, la moitié des volumes seront réservés aux pays avec lesquels l'UE a signé des accords de libre échange ou dispose de relations privilégiées, a annoncé mardi la Commission européenne.
Et l'autre moitié sera accessible à l'ensemble des pays exportateurs, quel que soit leur statut, y compris ces mêmes pays partenaires.
Ce dispositif, annoncé par Bruxelles en octobre, vise à sauver les industriels européens, profondément déstabilisés depuis des années par les surcapacités de production de leurs concurrents chinois massivement subventionnés.
Selon l'organisation professionnelle Eurofer, la production européenne d'acier est tombée l'an dernier à 125,8 millions de tonnes, un plus bas historique, très loin derrière la Chine (960 millions).
L'UE assure avoir mis en place ce système dans le plein respect des règles de l'Organisation mondiale du commerce, pour éviter des litiges.
Dans ce cadre, elle a déjà conclu des accords de principe avec une série de pays: Turquie, Inde, Corée du Sud, Indonésie, Egypte, Brésil, Royaume-Uni, Suisse, Macédoine du Nord, Afrique du Sud, Argentine, Ukraine et Singapour.
Les trois pays associés à l'UE au sein de l'Espace économique européen (Norvège, Islande et Liechtenstein) bénéficient quant à eux d'une exemption totale.
Des discussions sont par ailleurs en cours avec les Etats-Unis, qui taxent depuis l'an dernier l'acier européen à 50%, et ont en outre aussi imposé des surtaxes douanières sur des centaines de produits qui en contiennent.
Les 27 espère toujours parvenir à négocier une trêve avec Washington.
La répartition de ces nouveaux quotas avait généré des tensions ces derniers mois avec plusieurs alliés de l'UE, dont le Royaume-Uni et la Suisse.