Enfin un premier sponsor pour Alpes 2030: après les emblèmes et la carte des sites, l'annonce jeudi d'un partenariat avec EDF pour les prochains Jeux olympiques et paralympiques d'hiver apporte une nouvelle bouffée d'oxygène au projet après de longs mois de turbulences.

"EDF devient fournisseur officiel d'électricité bas carbone et partenaire fondateur des Jeux olympiques et paralympiques d'hiver Alpes 2030", indique un communiqué commun de l'énergéticien public et du comité d'organisation (Cojop).

L'officialisation du contrat s'est faite symboliquement au barrage EDF du Chevril à Tignes en Savoie, département qui accueillera un des quatre grands pôles de ces Jeux avec la Haute-Savoie, le Briançonnais et Lyon.

"Nous avons accompagné l'organisation de plusieurs grands événements sportifs, en particulier les Jeux de Londres en 2012 et bien sûr ceux de Paris 2024 dont nous avons contribué à réduire l'empreinte carbone de moitié. Alpes 2030 s'inscrit dans cette continuité" et "il était évident qu'EDF avait une légitimité naturelle pour accompagner ce projet", a déclaré à l'AFP le PDG du groupe Bernard Fontana.

La chasse aux sponsors premium avait été lancée début novembre, mais l'annonce d'une signature avec un ou plusieurs partenaires financiers - promise depuis plusieurs mois - a été retardée par une crise de gouvernance au sein du Cojop suite à des démissions en cascade, dont celle du numéro deux Cyril Linette en raison de "désaccords insurmontables" avec le président Edgar Grospiron.

La carte des sites, qui définit les lieux accueillant les compétitions, a aussi dû être revue de façon précipitée en mai après le refus du nouveau maire de Nice, Eric Ciotti, d'installer comme prévu une patinoire provisoire de hockey dans le stade de foot de la ville. Les organisateurs d'Alpes 2030 ont finalement décidé de rapatrier l'ensemble du pôle glace à Lyon.

Le Comité international olympique (CIO) donnera le 7 juillet son ultime coup de tampon à cette carte de sites, avec le programme détaillé des sports et disciplines.

Aucun détail financier n'est donné concernant l'accord avec EDF, qui inaugure le programme domestique de partenariats destiné à remplir les caisses des organisateurs. Ces derniers tablent sur près de 600 millions d'euros de recettes entre ces contrats et les licences - soit environ la moitié par rapport à Paris-2024, les Jeux d'hiver attirant généralement moins d'investissements que ceux d'été.

Pour Paris-2024, le ticket d'entrée était estimé entre 100 et 150 millons d'euros pour les partenaires premium, soit LVMH, BPCE, Orange, EDF, Sanofi, Accor et Carrefour.

- "très différent de Paris-2024" -

En dehors des partenaires internationaux dits "Top" constituant le niveau le plus élevé de parrainage, comme Coca Cola, Airbnb ou encore Visa, le CIO laisse les comités nationaux gérer leurs propres programmes commerciaux.

"L'engagement d'EDF à nos côtés est un signal fort. Ensemble, nous partageons l'ambition de démontrer que les Jeux d'hiver se veulent sobres et engagés en matière environnementale, et laisser un héritage concret pour les territoires alpins", a commenté Edgar Grospiron.

La ministre des Sports Marina Ferrari a pour sa part évoqué "une étape cruciale sur le chemin qui nous mène vers ces quatrièmes Jeux d'hiver en France", estimant que "l'aventure des Alpes 2030 était officiellement lancée" et rappelant notamment l'ambition de "proposer 100% des transports terrestres décarbonés pour les athlètes et les staffs techniques".

Bernard Fontana reconnaît que Alpes 2030 "représente un défi très différent de Paris 2024, un événement au coeur de la ville. Les Jeux d'hiver impliquent un territoire de montagne avec des enjeux logistiques, énergétiques et climatiques très spécifiques. Cela pose des défis en matière de mobilité, d'accès aux sites, de performance énergétique des infrastructures et de gestion de la ressource en eau".

"Mais nous connaissons ces territoires depuis des décennies. Nos barrages hydrauliques et nos équipes sont déjà présents dans les vallées alpines", souligne-t-il auprès de l'AFP.

Le groupe entend ainsi à l'occasion des JO-2030 "démontrer que la transition énergétique peut être accélérée, y compris dans des environnements exigeants comme la montagne": outre la fourniture d'une électricité bas carbone, EDF ambitionne de développer l'électrification des mobilités vers les stations, ou de mettre en place des "solutions innovantes" autour de l'hydroélectricité.