Les marchés mondiaux font face mardi à un nouveau coup de froid dans le secteur des semi-conducteurs déclenché par les résultats de Samsung Electronics, entrainant les indices à forte exposition technologique dans le rouge.

A Wall Street, dans les premiers échanges, l'indice Nasdaq - à forte coloration technologique - perdait 0,71% et l'indice élargi S&P 500 reculait de 0,14%. Seul le Dow Jones évoluait dans le vert (+0,22%).

Au premier jour de l'intégration de SpaceX à l'indice Nasdaq 100, le titre perdait 2,56%. La société d'Elon Musk (fusées, satellites) avait fait une entrée tonitruante en Bourse le 12 juin.

Le Nasdaq a changé ses règles en mai pour permettre à de très grosses capitalisations comme la société d'Elon Musk, susceptible de peser fort sur l'indice, de l'intégrer en 15 séances au lieu de trois mois.

Au tableau des valeurs, Intel perdait 7,05%, AMD 6,58% et Micron lâchait 6,52%. Marvell Technology chutait de 7,50%, N¨P de 3,85% et Broadcom cédait 2,14%. Nvidia résiste mieux, perdant 1,16%.

En Europe, le tableau était également contrasté vers 14H15 GMT: Francfort perdait 1,01% et Milan 0,28%, Paris restait à l'équilibre (+0,01%) quand Londres s'octroyait 0,69%, profitant d'une petite remontée des cours du brut.

Les fabricants de semi-conducteurs sont également à la peine, avec ASML dévissant de 6,74% à Amsterdam, Infineon perdant 6,59% à Francfort et STMicroelectronics de 6,19% à Paris.

La vente massive dans le secteur des composants électroniques avait débuté au cours de la séance asiatique avec un fort décrochage de la Bourse de Séoul (-5%), plombée par Samsung Electronics (-6,92%), dont les résultats trimestriels préliminaires ont entraîné des prises de bénéfices massives.

Cela survient après les violentes montagnes russes de la semaine dernière et sur fond d'inquiétudes persistantes au sujet des valorisations liées au boom de l'IA.

"Le marché anticipe un certain ralentissement des taux de croissance" dans le secteur, observe Michael Wan, analyste de MUFG.

"Sur des marchés richement valorisés, être simplement conforme aux attentes ne suffit plus", développe Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote. "Les entreprises doivent dépasser aussi le +chiffre officieux+ que murmure le marché. C'est l'une des caractéristiques classiques des marchés haussiers en phase terminale".

Remontée des prix du pétrole

"Le pétrole revient au centre de l'attention après de nouvelles attaques contre des navires dans le détroit d'Ormuz", commente Kathleen Brooks, directrice de la recherche de XTB.

Un troisième navire a été frappé dans le détroit d'Ormuz en 24 heures, a rapporté mardi l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO, après qu'une attaque contre un méthanier a été attribuée à l'Iran par le Qatar.

"Avant ces attaques, le trafic quotidien dans le détroit était remonté entre 30 et 60 navires par jour, ce qui avait contribué au recul des prix du pétrole ces dernières semaines", explique Mme Brooks.

"Les cours rebondissent légèrement, mais restent contenus par la perspective d'une offre plus abondante", observent les analystes d'Aurel BGC. "Les marchés surveillent désormais davantage la demande, notamment chinoise, jugée faible".

Vers 14H00 GMT, le baril de Brent, référence mondiale du brut, s'échangeait à 73,94 dollars (+2,71%), et le baril de WTI américain à 70,36 dollars (+2,64%).

Petite remontée des taux d'emprunt

Sur le marché obligataire, les taux d'emprunt des États remontaient légèrement en Europe.

Le rendement du "Bund" allemand à dix ans affichait 2,98% contre moins de 2,95% la veille.

Son équivalent français remontait à quasiment 3,77% contre 3,73% la veille, alors que le gouvernement réunit le "comité d'alerte des finances publiques" sur la situation de la dette publique à 117% du PIB.

Membre "faucon" (favorable à une politique monétaire restrictive) du directoire de la Banque centrale européenne, l'Allemande Isabel Schnabel a prévenu que les chocs inflationnistes persistaient dans la zone euro, malgré la baisse des prix du pétrole.