Les Bourses mondiales ont fléchi mardi, pénalisées par d'importantes perturbations du côté des semi-conducteurs après les résultats mirobolants de Samsung, dans un contexte de remontée des prix du pétrole.

A Wall Street, l'indice Nasdaq - à forte coloration technologique - a perdu 1,16%, l'indice élargi S&P 500 a reculé de 0,45% et le Dow Jones a cédé 0,25%.

La majorité des valeurs associées à l'intelligence artificielle (IA) ont piqué du nez à l'image des fabricants des puces électroniques AMD (-6,51%) et Intel (-9,66%).

Spécialistes de la mémoire, SanDisk (-7,26%) et Western Digital (-7,86%) ont aussi connu une mauvaise passe.

La vente massive dans le secteur des composants électroniques a débuté au cours de la séance asiatique avec un fort décrochage de la Bourse de Séoul (-4,91%), plombée par Samsung Electronics (-6,92%), dont les résultats trimestriels préliminaires ont entraîné des prises de bénéfices massives.

"Le titre était déjà valorisé sur la base d'une croissance extrêmement forte des bénéfices à l'avenir, et le marché craint désormais que les investissements dans les infrastructures d'intelligence artificielle ne puissent pas soutenir indéfiniment la hausse des prix des puces mémoire", explique Neil Wilson, analyste de Saxo UK.

Le groupe prévoit de multiplier par 19 son bénéfice d'exploitation au deuxième trimestre.

Pour Angelo Kourkafas, d'Edward Jones, la réaction aux résultats de Samsung "met en évidence le niveau élevé des attentes".

Jose Torres, de la plateforme de courtage Interactive Brokers, évoque pour sa part les inquiétudes sur "la pérennité de cette dynamique d'achat" alors que les géants du numérique ont de plus en plus recours à l'endettement pour financer leurs besoins en composants électroniques.

D'autant que "les perspectives de rendement sont incertaines" en ce qui concerne l'IA, avance M. Torres.

"Les utilisateurs finaux deviennent plus sensibles aux prix" pour accéder à cette technologie "et le marché pénalise les entreprises qui augmentent leurs investissements de manière agressive", ajoute Angelo Kourkafas.

En Europe, les places ont aussi terminé principalement dans le rouge: Paris a cédé 0,51%, la Bourse de Francfort a perdu 1,37% et Milan 0,95%.

Les fabricants de semi-conducteurs ont chuté, avec ASML dévissant de 7,28% à Amsterdam, Infineon perdant 8,26% à Francfort et STMicroelectronics terminant sur une forte baisse de 7,99% à Paris.

Seul le FTSE 100 de Londres, plus étanche au secteur technologique, est parvenu à grappiller 0,13%.

- Le pétrole repart de l'avant -

"Le pétrole revient au centre de l'attention après de nouvelles attaques contre des navires dans le détroit d'Ormuz", commente Kathleen Brooks, directrice de la recherche de XTB.

Trois attaques ont été signalées en 24H par l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

"Le marché est tellement orienté à la baisse qu'il ne suffit que de quelques gros titres pour le faire basculer", commente auprès de l'AFP Stephen Schork, de The Schork Group.

Le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, a gagné 3,01% à 74,16 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, a progressé de 2,76% à 70,44 dollars.

"Selon certaines informations, le nombre de navires traversant le détroit se serait stabilisé" après la hausse des derniers jours, souligne par ailleurs David Morrison, analyste chez Trade Nation.

Washington a de son côté réinstauré ses sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de l'Iran à Ormuz.

- SpaceX en berne -

Joyau d'Elon Musk, SpaceX (-6,83% à 149,47 dollars) n'a pas profité de son premier jour de cotation au sein de l'indice vedette américain Nasdaq 100.

Si cette arrivée, accélérée, est de nature à renforcer la demande pour le titre - de nombreux fonds d'investissement répliquant les performances du Nasdaq 100 -, elle ne constitue pas une surprise.

"Ce n'était un secret pour personne que cela allait arriver", les fonds ont donc eu largement le temps de s'y préparer, juge Angelo Kourkafas.