Le groupe de technologies et de défense français Thales a annoncé vendredi s'attendre à une charge exceptionnelle d'environ 450 millions d'euros au premier semestre 2026, conséquence directe de l'abandon par l'Allemagne de son vaste programme de frégates F126.
Cette dépréciation comptable amputera le résultat net du groupe, qui était un des sous-traitants de ce programme, d'environ 350 millions d'euros dans ses comptes semestriels, a précisé l'entreprise dans un communiqué.
Berlin avait annoncé fin juin l'annulation de cette commande de navires de guerre de nouvelle génération, justifiant ce choix par de "forts retards" et une "explosion des coûts" imputés au maître d'oeuvre du projet, le chantier naval néerlandais Damen Naval.
Thales, qui intervenait en tant que sous-traitant de Damen Naval pour fournir notamment les radars et les systèmes de gestion de combat, a fustigé un "revirement total" du ministère allemand de la Défense.
L'industriel français indique qu'il fera "valoir tous ses droits en vue d'obtenir des compensations" financières pour les travaux déjà réalisés et le "préjudice subi".
De son côté, le gouvernement allemand, engagé dans un vaste plan de réarmement depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie, a également prévenu qu'il réclamerait des dommages et intérêts à Damen Naval pour recouvrer les deniers publics engagés.
Pour remplacer les frégates F126, le ministre de la Défense Boris Pistorius a dévoilé un plan de rechange prévoyant l'achat de huit frégates MEKO A-200, moins imposantes, auprès du constructeur allemand TKMS pour un montant initial de 6,3 milliards d'euros.
Poursuivre le programme avec un autre maître d'oeuvre -- l'allemand Rheinmetall était candidat -- aurait fait grimper la facture globale à près de 18 milliards d'euros, selon Berlin, qui a jugé cela intenable financièrement et en termes de calendrier.
Malgré ce revers en Allemagne, la perte de ce contrat aura un impact limité à 0,5% sur le chiffre d'affaires de Thales en 2026 (22,1 milliards d'euros en 2025) et "à moins de 1% par an sur les années suivantes", selon Thales.
Porté par un marché mondial de la défense malgré tout très dynamique, le groupe a même revu à la hausse vendredi ses objectifs de prises de commandes et de trésorerie pour 2026.