Anthropic et OpenAI viennent d’ouvrir un nouveau front dans leur course à l’IA : la recherche scientifique. Les deux géants de la Silicon Valley ont publié leurs outils le même jour, chacune avec une approche radicalement différente.

En bref
- Anthropic et OpenAI ont lancé le même jour des produits IA dédiés exclusivement à la recherche scientifique et biologique.
- Claude Science : Une nouvelle interface d’Anthropic reliée à plus de 60 bases de données majeures pour accélérer le travail des laboratoires.
- GeneBench-Pro : Un benchmark ultra-complexe publié par OpenAI où même son fleuron, GPT-5.6 Sol, échoue encore sur près de 70 % des tâches de biologie.
Claude Science : un laboratoire IA pour chercheurs
Le mardi 30 juin 2026, Anthropic dévoile Claude Science quelques jours après le lancement de Fable 5. Il s’agit d’une application IA connectée à plus de 60 bases de données scientifiques couvrant :
- la génomique ;
- la protéomique ;
- la chimio-informatique.
Chaque résultat produit reste traçable jusqu’au code source qui l’a généré.
L’objectif est clair : automatiser l’analyse de données biologiques complexes tout en garantissant une transparence totale, puisque chaque résultat est auditable et tracé jusqu’à son code d’origine. Les premiers tests menés avec l’Institut Allen montrent que des analyses de littérature scientifique qui prenaient autrefois jusqu’à deux ans ont pu être condensées de manière spectaculaire.
GeneBench-Pro : OpenAI teste les limites de l’IA
De son côté, OpenAI a publié GeneBench-Pro. En avril, elle a lancé un ChatGPT expressément conçu pour les médecins. GeneBench-Pro est un benchmark de 129 problèmes conçus pour évaluer la capacité des IA à prendre des décisions dans des données biologiques complexes.
Le meilleur modèle d’OpenAI, GPT-5.6 Sol, n’a résolu que 28,7 % des problèmes en mode standard et 31,5% en mode Pro. Le modèle GPT-5 original avait, lui, échoué à moins de 5 % sur la première version du test quand Claude Opus 4.8 avait atteint 16 %.
Un problème du benchmark demanderait normalement 20 à 40 heures de travail à un expert humain, pour un coût de plusieurs milliers de dollars. Dans son communiqué, OpenAI affirme que son modèle IA traite la même analyse pour quelques dollars seulement.
Deux stratégies, une même course
Le biogérontologue Aubrey de Grey estime que l’IA pourrait bientôt lever certains verrous majeurs de la recherche médicale, même si les bénéfices les plus larges prendront du temps. Le professeur d’immunologie Derya Unutmaz va plus loin, jugeant que l’utilisation de l’IA en médecine deviendra bientôt incontournable.
Cette rivalité s’inscrit aussi dans un contexte géopolitique tendu. On fait allusion à la montée des modèles IA chinois ainsi qu’aux restrictions américaines à l’export. Cela pousse Anthropic à envisager de nouveaux pays d’implantation pour ses modèles.
En tout cas, cette bataille scientifique n’est qu’un début. Si Anthropic et OpenAI investissent autant dans la recherche, c’est parce que l’IA appliquée à la biologie pourrait devenir le prochain grand marché après les chatbots. Reste à savoir laquelle des deux stratégies s’imposera comme une référence dans le secteur de l’intelligence artificielle.