Le gouvernement américain a levé les restrictions qui avaient contraint Anthropic, fleuron américain de l'intelligence artificielle, à couper l'accès à ses deux modèles les plus puissants, a annoncé mardi l'entreprise.

"Nous avons reçu la notification que le ministère du Commerce a levé les contrôles d'exportation sur Claude Fable 5 et Mythos 5", imposés au nom de la sécurité nationale, a déclaré Anthropic sur X.

"Nous commencerons à rétablir l'accès demain", mercredi, a-t-elle ajouté.

Le 12 juin, Washington avait brutalement contraint Anthropic à couper l'accès à ces deux modèles de pointe, jugeant que des failles avaient été détectées dans les garde-fous censés empêcher leur détournement à des fins de cyberattaque.

Ce retrait forcé, une première pour un gouvernement, avait suscité une vague de critiques dans le monde, ravivant les débats sur la souveraineté numérique des pays dépendants des technologies américaines.

Au terme d'âpres négociations à Washington, dont peu de détails ont filtré, l'accès à Mythos 5 avait été débloqué vendredi pour une poignée de "cyberdéfenseurs et opérateurs d'infrastructures", mais uniquement américains.

Les partenaires étrangers, notamment des agences étatiques de cybersécurité en Europe et en Asie, en restaient privés à ce stade. Anthropic, aux relations orageuses avec l'administration Trump depuis des mois, n'a pas précisé si la levée du contrôle des exportations impliquait la réintégration de ces partenaires non américains.

La décision de mardi permet le retour en ligne dès mercredi de Fable 5, une version grand public de Mythos, bridée sur la cybersécurité et les risques d'attaque biologique et chimique.

OpenAI, le rival américain d'Anthropic, a lancé vendredi son plus puissant modèle à ce jour, GPT-5.6, pour la première fois en accès limité, acceptant de façon inédite que le gouvernement américain valide, client par client, les partenaires autorisés.

Longtemps hostile à toute régulation de l'IA, accusée d'être un frein à l'innovation face à la Chine, l'administration Trump a entamé un virage radical, au vu des puissantes capacités des modèles de pointe.

Ses récentes décisions dans ce domaine, prises dans un cadre légal encore flou et controversé, actent une reprise en main du gouvernement sur cette technologie cruciale.

Mardi, le directeur de la CIA, John Ratcliffe, a comparé les capacités des modèles d'IA les plus avancés à des "armes nucléaires numériques", dans une rare prise de parole publique à Washington.