La Bourse de Séoul buvait la tasse à nouveau mardi, au diapason de places asiatiques maussades, plombée par des inquiétudes sur les valeurs tech que les profits records annoncés par le géant des puces Samsung n'ont pas suffi à dissiper.
Le pétrole, pour sa part, s'affichait en légère hausse, après qu'un tanker a été atteint lundi par un projectile non-identifié dans la région du détroit d'Ormuz.
Bourses maussades, Samsung plombe Séoul
Vers 02H00 GMT à la Bourse de Tokyo, l'indice phare Nikkei lâchait 1,07% à 68.999 points et l'indice élargi Topix était stable à 4.101 points.
A la Bourse de Séoul, l'indice Kospi dévissait de 5% à 7.648 points, plombé par une dégringolade des géants des puces mémoires Samsung Electronics (-6,12%) et SK Hynix (-4,75%), poids lourd de la cote.
Ce nouveau décrochage des valeurs tech sud-coréennes intervient après de violentes montagnes russes la semaine dernière, et sur fond d'inquiétudes persistantes au sujet des valorisations liées au boom de l'intelligence artificielle.
Or, les résultats préliminaires de Samsung publiés mardi avant Bourse n'ont pas rassuré les investisseurs, en dépit de performances spectaculaires.
Le mastodonte sud-coréen a annoncé une multiplication par 19 sur un an (meilleure qu'attendu) de son bénéfice d'exploitation au deuxième trimestre à environ 89.400 milliards de wons (51 milliards d'euros), porté par le boom mondial de la demande de puces pour l'IA. Le chiffre d'affaires trimestriel est estimé en hausse de 129% sur un an.
"L'essor général des systèmes d'IA +agentiques+ a stimulé la demande, et la hausse des bénéfices confirme la forte augmentation des prix des puces mémoires", mais au vu des prévisions des résultats futurs, "le marché anticipe un certain ralentissement des taux de croissance à venir, ce qui semble raisonnable", observe Michael Wan, analyste de MUFG.
Selon lui, "pour que l'appétit pour le risque perdure, il faudra à terme que les flux de trésorerie futurs, incluant la capacité et la volonté des entreprises comme des particuliers à investir dans l'IA, justifient le déploiement massif d'infrastructures".
Pour ces valeurs tech, "même des résultats exceptionnels ne suffisent pas: les investisseurs ne jugent pas le dernier trimestre ; ils évaluent la capacité des trimestres à venir à surpasser une courbe de bénéfices déjà propulsée vers des sommets quasi verticaux", abonde Stephen Innes, de SPI Asset Management.
"Il ne s'agit plus de savoir si la demande est forte, mais si elle peut continuer à s'accélérer au rythme anticipé par les investisseurs", ajoute-t-il.
"C'est pourquoi la réaction de Samsung revêt une telle importance. Les résultats trimestriels n'ont pas remis en cause la dynamique de l'IA: ils ont simplement mis en lumière les exigences extrêmes qu'elle impose désormais (...) L'acheteur marginal finit par se demander si le potentiel de hausse justifie encore l'investissement", conclut M. Innes.
La Bourse de Taipei gagnait en revanche 0,74%, Sydney était stable, l'indice hongkongais Hang Seng progressait de 0,31%.
Le pétrole monte, s'interrogeant sur Ormuz
Le cours du baril de WTI nord-américain gagnait 0,83% à 69,12 dollars vers 02H15 GMT, tandis que celui de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, progressait de 0,85% à 72,60 dollars.
Les investisseurs continuent de guetter la situation encore volatile dans le détroit d'Ormuz: un tanker a été atteint lundi par un projectile non-identifié au large d'Oman, dans la région du détroit, a rapporté l'agence maritime britannique UKMTO.
Certes, le trafic maritime a repris dans le détroit après un protocole d'accord entre Washington et Téhéran le 17 juin. Mais l'Iran répète, en dépit de l'opposition des Etats-Unis, qu'il n'y aura pas de retour à la situation d'avant-guerre, quand le passage était gratuit, et menace les navires tentés de contourner le seul itinéraire qu'il a autorisé.
Le yen fébrile
La monnaie japonaise restait fébrile, se renforçant très légèrement (+0,12%) à 161,88 yens pour un dollar, après être tombée la semaine dernière à 162,84 yens, son plus bas niveau face au billet vert depuis 1986.
Elle souffre du "carry trade", un mécanisme qui consiste à emprunter dans une devise dont la banque centrale pratique des taux bas, comme celle du Japon, pour placer ses fonds dans une monnaie aux rendements plus élevés, comme le dollar américain.
Son récent affaiblissement aiguise les anticipations d'une possible interventions des autorités japonaises pour doper leur monnaie.