L'Iran a affirmé mercredi qu'il utiliserait une partie de ses avoirs gelés au Qatar pour acquérir des produits dont il a besoin, après des discussions à Doha sur le protocole d'accord avec les Etats-Unis sur la fin de la guerre au Moyen-Orient.

Dans le cadre de l'application du texte signé le 17 juin, Washington a accepté de laisser Téhéran accéder à une partie de ses biens gelés ou visés par des sanctions.

"Pendant les discussions avec des responsables qataris, dont la Banque centrale, plusieurs sujets liés à la dépense d'une partie des six premiers milliards de dollars (de fonds) ont été examinés", a affirmé le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Kazem Gharibabadi, présent au Qatar pour ces négociations techniques indirectes et cité par l'agence officielle Irna.

Ces six milliards font référence à une partie des recettes pétrolières de l'Iran, transférées depuis la Corée du Sud vers des comptes d'accès restreint au Qatar, depuis 2023.

"Il y a eu un accord pour que sur la base des besoins manifestés par notre pays, les produits demandés soient acquis et mis à la disposition de l'Iran", a ajouté M. Gharibabadi, sans détailler les mécanismes.

La question des avoirs iraniens fait partie du protocole d'accord entre l'Iran et les Etats-Unis, qui prévoit que les fonds et actifs iraniens gelés ou soumis à restrictions seront pleinement rendus disponibles et utilisables dès la mise en oeuvre de l'accord.

L'Iran fait l'objet depuis des décennies de sanctions américaines qui pénalisent son économie et son système financier. Le pays a en outre vu ses avoirs à l'étranger gelés dans la foulée de la Révolution islamique en 1979.

Il n'existe pas de chiffres officiels concernant les avoirs iraniens gelés mais les médias locaux ont estimé récemment que ce montant était de l'ordre de 100 à 123 milliards de dollars.

Le vice-président américain JD Vance avait évoqué un éventuel mécanisme de contrôle pour s'assurer que les avoirs iraniens ne financeraient pas le "terrorisme", laissant entendre que leur déblocage pourrait être assorti de conditions, notamment des contrats agricoles avec les Etats-Unis.

Mais l'ambassadeur iranien auprès de l'ONU à Genève, Ali Bahreini, avait affirmé le 23 juin que l'Iran était "le seul pays à décider du sort des avoirs qui vont être débloqués" et qu'"aucun autre pays ni aucune autre entité n'aura son mot à dire sur la manière dont ces avoirs doivent être utilisés par l'Iran".