Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé mardi que son conseil d'administration validait la troisième revue de ses programmes d'aide à destination de la République démocratique du Congo (RDC), ce qui entraîne le versement immédiat de 348,5 millions de dollars.

Ce nouveau versement porte à 1,1 milliard de dollars le total des fonds d'ores et déjà versés à Kinshasa dans le cadre des programmes d'aide en cours.

Dans le détail, 258,2 millions de dollars sont versés dans le cadre de la Facilité de crédit étendue (ECF), les 90 millions restants correspondant à la Facilité de résistante et soutenabilité (RSF), qui permet des prêts à taux réduit et une période de grâce avant le début du remboursement.

La RSF doit en particulier aider le financement de projets visant à adapter le pays aux effets du réchauffement climatique, ainsi que lui permettre d'accélérer sa transition vers une économie décarbonnée.

"L'activité économique en RDC reste solide, soutenue par un secteur minier robuste. L'inflation est restée basse et la position externe a continué de se renforcer, du fait principalement de termes commerciaux favorables", s'est félicité le directeur général adjoint du Fonds, Kenji Okamura, cité dans le communiqué.

Dans le même temps, le FMI a publié son article IV, qui permet de faire un état des lieux de l'économie congolaise.

Le document "a souligné l'importance de consolider des gains obtenus en termes de stabilité macroéconomique avec un mix de politiques plus équilibré sur le moyen terme", a ajouté M. Okamura.

Selon les données du FMI, la croissance de l'économie congolaise devrait atteindre 5,6% cette année, quasiment en ligne avec 2025 (5,7%), et se maintenir l'année prochaine.

Dans le même temps, l'inflation devrait atteindre 6,9%, en accélération par rapport à l'année écoulée (4,3%).

Déjà confrontée depuis de nombreuses années à un conflit dans l'est du pays, impliquant des groupes rebelles soutenus notamment par le voisin rwandais, la RDC doit faire face à une épidémie d'Ebola qui n'est toujours pas maîtrisée depuis sa déclaration le 15 mai.

L'épidémie a fait 305 morts et 1.115 personnes ont été contaminées, selon un dernier bilan des autorités sanitaires congolaises.

Le virus a été détecté tardivement en RDC, laissant l'épidémie prendre une ampleur encore difficile à mesurer. Organisations humanitaires internationales et ONG sur le terrain estiment que les bilans officiels sont sous-estimés.