Les marchés boursiers mondiaux débutent la semaine dans la prudence lundi, surveillant l'évolution de la situation au Moyen-Orient, après le regain de tensions survenu au cours du week-end.

Vers 7H20 GMT, dans les premiers échanges, Francfort prenait 0,19%, Milan 0,32%, tandis que Paris cédait 0,26% et Londres 0,20%.

En Asie, Séoul a perdu 0,20% et Tokyo a grappillé 0,15%. Seule la place de Hong Kong avançait franchement (+1,81%), dans les derniers échanges.

La guerre au Moyen-Orient est "revenue sur le devant de la scène" des marchés, commente Andreas Lipkow, analyste pour CMC Markets.

Malgré le protocole d'accord signé le 17 juin, les Etats-Unis et l'Iran ont échangé des frappes ces derniers jours en s'accusant mutuellement de violer leur cessez-le-feu, avec le contrôle du stratégique détroit d'Ormuz au coeur des tensions.

Avant d'annoncer, dimanche, un accord pour cesser les hostilités.

"Il est prévu que les discussions techniques continuent sur tous les points du protocole d'accord. Les deux parties vont cesser (leurs attaques) pour le moment et les navires peuvent circuler librement" dans le détroit d'Ormuz, a expliqué dans un mail transmis à l'AFP un responsable américain.

Les marchés pétroliers ont peu réagi à ces évènements.

Vers 7H20 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale, gagnait seulement 0,43%, à 72,30 dollars. Son équivalent américain, le WTI, prenait 0,97% à 69,90 dollars.

Avec le départ de certains navires bloqués dans le détroit d'Ormuz ces derniers jours, à la faveur de l'accord entre l'Iran et les Etats-Unis, "certains marchés clés se retrouvent déjà en situation d'excès d'offre" justifie Ipek Ozkardeskaya, de Swissquote Bank.

Cela "permet aux investisseurs de réagir de manière modérée", ajoute-t-elle.

Reste que "la situation est fragile et que les risques pour la stabilité régionale persistent", même si "les dernières informations laissent entrevoir une désescalade", estime Jim Reid, de la Deutsche Bank.

- En attendant Sintra -

Autre point d'attention des marchés: le forum des banquiers centraux organisé à partir de lundi, 20H00 par la Banque centrale européenne (BCE) à Sintra, au Portugal. Le nouveau président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Kevin Warsh, y est attendu.

Son "discours sera particulièrement suivi, chaque mot, chaque mimique sera scruté pour avoir des indices concernant la suite de la politique monétaire de la Fed", sur fond de hausse de l'inflation aux Etats-Unis, selon Ipek Ozkardeskaya.

Dans ce contexte, les taux d'intérêt de la dette allemande, référence en Europe, atteignaient 2,85%, stables par rapport à vendredi soir en clôture. Côté changes, le dollar reculait de 0,18% face à la monnaie unique européenne, à 1,1405 dollar pour un euro.

- Séoul investit massivement dans l'IA -

Le gouvernement sud-coréen a dévoilé lundi un plan colossal, équivalant à plus de 1.000 milliards d'euros au total sur dix ans, pour construire des usines de semi-conducteurs et des data-centers pour l'intelligence artificielle (IA).

Un premier projet, d'un montant de 800.000 milliards de wons (455 milliards d'euros), comprendra quatre usines de semi-conducteurs, dont deux construites par le géant Samsung Electronics et les deux autres par SK hynix, selon le ministre de l'Industrie, Kim Jung-kwan.

Un autre projet, d'un montant total d'environ 568 milliards d'euros, vise à construire d'ici 2035 de nouveaux centres de données dédiés à l'IA pour porter la capacité totale du pays à 18,4 gigawatts (GW).

Samsung Electronics (-4,76%) et SK hynix (-1,68%) n'ont toutefois pas profité de cette annonce en Bourse.

Le secteur de la tech et de l'IA est frappé par la défiance des marchés depuis plusieurs jours, alors que les investisseurs s'interrogent sur les valorisations gigantesques de ces entreprises et la rentabilité future des investissements dans l'IA.