Les marchés boursiers mondiaux se montrent résilients lundi, tablant sur une accalmie au Moyen-Orient après le regain de tensions entre les Etats-Unis et l'Iran au cours du week-end.
A l'ouverture à New York, l'indice Nasdaq à dominante technologique misait sur la prise de risques (+1,45%).
Le cours de Comcast (+8,33%) suscitait une forte demande des investisseurs après une information de marché d'avant-séance: le câblo-opérateur américain a annoncé lundi la séparation de ses activités médias, comprenant le britannique Sky et la filiale NBCUniversal, du reste du groupe.
Les deux autres indices de New York suivaient la tendance : Dow Jones (+0,78%) et S&P 500 (+0,95%).
En Europe, les grands indices naviguaient à l'équilibre entre la prise de risques et de bénéfices: Paris (-0,04%), Francfort (+0,07%), Londres (-0,07%) et Milan (-0,12%).
Les marchés espèrent "une reprise des discussions entre les États-Unis et l'Iran", après les attaques mutuelles du week-end, a relevé John Plassard, analyste pour Cité Gestion Private Bank.
Donald Trump a assuré lundi qu'il y aurait bien une rencontre le lendemain au Qatar entre délégations américaine et iranienne, et ce à la demande de Téhéran, qui venait de son côté de démentir cette affirmation.
Cette annonce intervient alors que les deux camps ont décidé, selon un responsable américain, de cesser leurs attaques, menées en dépit de la signature d'un protocole d'accord mi-juin.
Les marchés pétroliers ont intégré à leur prix une légère prime de risques face aux nouvelles incertitudes.
Vers 14H00 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale, gagnait 0,97%, à 72,69 dollars. Son équivalent américain, le WTI, prenait 1,21% à 70,07 dollars.
Avec le départ de certains navires bloqués dans le détroit d'Ormuz ces derniers jours, à la faveur de l'accord entre l'Iran et les Etats-Unis, "certains marchés clés se retrouvent déjà en situation d'excès d'offre" justifie Ipek Ozkardeskaya, de Swissquote Bank.
Cela "permet aux investisseurs de réagir de manière modérée", ajoute-t-elle.
Reste que "la situation est fragile et que les risques pour la stabilité régionale persistent", même si "les dernières informations laissent entrevoir une désescalade", prévient Jim Reid, de la Deutsche Bank.
- En attendant Sintra -
Autre point d'attention des marchés: le forum des banquiers centraux organisé à partir de lundi, 18H00 GMT par la Banque centrale européenne (BCE) à Sintra, au Portugal. Le nouveau président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Kevin Warsh, y est attendu.
Son "discours sera particulièrement suivi, chaque mot, chaque mimique sera scrutée pour avoir des indices concernant la suite de la politique monétaire de la Fed", sur fond de hausse de l'inflation aux États-Unis, selon Ipek Ozkardeskaya.
Dans ce contexte, les taux d'intérêt de la dette allemande, référence en Europe, atteignaient 2,85%, stables par rapport à vendredi soir en clôture.
- Andy Burnham scruté au Royaume-Uni-
Andy Burnham, favori pour succéder à Keir Starmer à Downing Street, a proposé lundi de transférer davantage de pouvoirs aux maires pour stimuler la croissance, lors d'un discours très attendu sur l'économie, sa première prise de parole majeure depuis l'annonce de la démission du Premier ministre travailliste.
Perçu comme plus à gauche que l'actuel premier ministre, la perspective de sa nomination avait fait grimper les taux d'emprunt du pays plus tôt dans le mois. Vers 14H00 GMT lundi, le rendement britannique à dix ans, baissait à 4,42%, contre 4,73% la veille.