Les Bourses mondiales se montraient sereines mardi, en clôture d'un trimestre prolifique pour le marché des actions malgré la guerre au Moyen-Orient.
A New York, Wall Street devrait ouvrir en légère hausse, d'après les contrats à terme sur les trois principaux indices (Nasdaq +0,33%, S&P +0,20% et Dow Jones +0,15%).
"C'est le meilleur trimestre pour les actions mondiales depuis six ans selon Bloomberg, et ce malgré la guerre en Iran, les perturbations des flux de pétrole et d'engrais, ainsi qu'un bond des prix de l'énergie qui a entraîné une hausse des anticipations d'inflation à l'échelle mondiale", résume Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote.
"Les facilitateurs de l'IA - les bénéficiaires des énormes dépenses en IA - surperforment, tandis que les géants de la tech - les entreprises qui dépensent massivement dans l'infrastructure de l'IA - s'essoufflent", nuance-t-elle.
"Les investisseurs restent toutefois prudents avant les discussions entre les États-Unis et l'Iran prévues aujourd'hui à Doha" et "les statistiques américaines sur l'emploi jeudi, qui pourraient influencer les anticipations de politique monétaire", tempère John Plassard de Cité Gestion.
En Europe, le DAX à Francfort (+1,50%) profite d'un nouveau rebond de Siemens Energy (+5,82% vers 12H00 GMT).
Bonne nouvelle à Paris: l'inflation est revenue en juin à 1,8% sur un an, contre 2,4% en mai grâce au "ralentissement des prix de l'énergie", selon l'Institut national de statistiques (INSEE).
Dans ce contexte, le CAC 40 effaçait ses pertes de la veille (+0,50% vers 12H00 GMT), porté par deux fournisseurs de la tech, Schneider Electric (+2,84%) et STMicroelectronics (+2,47%).
Hors l'indice principal, les investisseurs se ruaient vers la biotech Abivax (+37,94%) après la publication d'un essai concluant essai avant la mise sur le marché fin 2026 d'un traitement d'une maladie du tube digestif.
Hors zone euro, Londres (+1,18%) oubliait la baisse du pétrole avec la bonne tenue des minières (Anglo American -manganèse- +3,42% et Antofagasta -cuivre- +3,83%).
Les marchés sont désormais quasi indifférents au retour des prix du pétrole à ses niveaux d'avant la guerre au Moyen-Orient (Brent -0,30% à 72,93 dollars le baril, WTI américain +0,07% à 70,80 dollars le baril).
- Le yen au plus bas face au dollar -
Le rebond de la tech a très légèrement profité à l'Asie (Tokyo +0,85% et Séoul +0,97% au terme d'une séance en dents de scie).
Au total, 16 entreprises, parmi lesquelles le fabricant chinois de semi-conducteurs Nexchip et le fabricant d'outils de micro-découpe Dtech Technology, ont publié cette semaine leur prospectus d'entrée à la Bourse de Hong Kong pour des opérations totalisant plus de 7 milliards de dollars américains.
Sur le marché des changes, le yen a touché mardi matin son niveau le plus bas face au dollar depuis 40 ans, sous la pression de l'écart entre les taux d'intérêt japonais et américains, ces derniers étant plus attractifs.
Vers 12H00 GMT, la devise japonaise cédait 0,28% face au billet vert, à 162,40 yens pour un dollar.
- Le marché obligataire dans l'attente -
Sur le marché obligataire, les taux d'intérêt des emprunts d'Etat patientent avant la réunion des banquiers centraux à Sintra au Portugal.
Le rendement du Bund allemand à dix ans se maintenait à 2,85% comme la veille, et son équivalent français suivait la même tendance (3,63%).
La présidente de la Banque centrale européenne (BCE) Christine Lagarde a défendu la hausse des taux décidée en juin 2026 sans laquelle il y aurait eu "un niveau d'inflation supérieur à 2% en 2027 et en 2028".
"Je m'attends à ce que l'inflation reste durablement au-dessus de notre objectif (des 2%)", a déclaré à CNBC un membre influent du Conseil des gouverneurs, le président de la Banque fédérale d'Allemagne Joachim Nagel.
"Le besoin d'une politique monétaire plus restrictive ne semble pas nécessaire, d'après nous", affirment les analystes de la Banque Postale Asset Management.
"Évidemment, vu les commentaires de certains banquiers centraux ces derniers temps (...), le risque est qu'une vue plus agressive puisse prévaloir lors de la réunion de juillet de la BCE. Mais ceci est notre scénario alternatif", ajoutent-ils.