Les investisseurs mondiaux ont digéré mercredi les dernières déclarations du président de la Réserve fédérale (Fed) Kevin Warsh, qui a voulu convaincre le monde monétaire de son sérieux en matière de lutte contre l'inflation.

"Les marchés ont été surpris de constater que Kevin Warsh se montrait peut-être plus ferme qu'ils ne l'avaient imaginé", explique auprès de l'AFP Tom Cahill, analyste pour le gestionnaire de fortune Ventura Wealth Management.

Même si le risque d'inflation se dissipe avec la détente au Moyen-Orient, les prix restent "trop élevés", a prévenu le patron de la Fed réuni avec d'autres banquiers centraux à Sintra au Portugal.

"Warsh a clairement indiqué qu'il n'était pas à l'aise avec un taux d'inflation supérieur à l'objectif de 2%; actuellement, l'inflation est de 4,2% aux États-Unis", relève l'analyste Kathleen Brooks, directrice de recherche pour la plate-forme d'investissement XTB.

"Kevin Warsh a beau avoir été nommé pour faire baisser les taux, il ne va pas le faire", assure Charlotte de Montpellier (ING), jointe par l'AFP.

Le successeur de Jerome Powell s'est toutefois refusé à donner le moindre indice sur la prochaine décision de politique monétaire, laissant aux marchés une liberté d'interprétation.

Sur le marché obligataire, le rendement de l'emprunt américain à échéance deux ans, le plus sensible à la conjoncture monétaire, restait stable à 4,17%. Le dix ans évoluait à 4,48% contre 4,47%.

Le dollar gagnait lui 0,39% face à la monnaie unique européenne, à 1,1377 dollar pour un euro, toujours porté par les attentes d'une hausse des taux cette année.

Les Bourses globalement en baisse

A Wall Street, l'indice Nasdaq - qui rassemble les valeurs technologiques - a reculé de 0,66% et l'indice élargi S&P 500 a perdu 0,22%. Le Dow Jones a terminé proche de l'équilibre (-0,03%).

"On assiste actuellement à un mouvement de rotation dans le secteur technologique", souligne M. Cahill.

"Des capitaux s'orientent vers le secteur des logiciels" hors de celui des semi-conducteurs, poursuit l'analyste.

ServiceNow a ainsi gagné 6,53%, Adobe s'est octroyé 2,91%, et Saleforces, 4,26% tandis que AMD a chuté de 6,89%, Intel a glissé de 9,03% et le mastodonte Nvidia de 1,25%.

Pour M. Cahill, le repli des fabricants de puces n'est "pas particulièrement inquiétant" compte tenu "de la forte hausse qu'avaient connue ces actions" ces derniers mois.

Parmi les grandes Bourses européennes, seule Francfort a pris des risques (+0,18%) portée par la ruée des investisseurs sur SAP (solutions technologiques, +5,13%) et Rheinmetall (défense, +6,07%).

Paris (-0,79%) a reculé, tout comme Londres (-0,18%), qui a été tirée vers le bas par AB Foods (-3,31%). L'entreprise a annoncé une baisse des ventes de ses huiles de cuisson aux Etats-Unis en raison des pressions migratoires exercées sur la population hispanique, sa principale clientèle.

Le pétrole en baisse

Les cours du brut s'inscrivent à la baisse, "les discussions indirectes entre les Etats-Unis et l'Iran ayant été positives et les transits maritimes reprenant progressivement dans le détroit d'Ormuz", constatent les analystes de DNB.

Le cours du baril de Brent de la mer du Nord a reculé de 1,89% à 71,57 dollars.

Ce prix est plus bas que la clôture du 27 février, veille des premières frappes israélo-américaines en Iran.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, a perdu 1,32% à 68,58 dollars.

Comme sur des roulettes pour Lime

Neutron Holdings, plus connu pour les vélos et trottinettes électriques Lime, a terminé dans le vert (+4,00% à 26,00 dollars) pour son premier jour de cotation à la Bourse de New York.

Le groupe est parvenu à lever 174 millions, atteignant ainsi une capitalisation boursière de plus de 1,6 milliard de dollars.