Le président du Medef, Patrick Martin, a appelé lundi l'Etat à "passer des paroles aux actes" en matière de souveraineté française, notamment concernant l'ouverture ou la réouverture de mines contestées par des groupes écologistes.

"Je regarde très attentivement un certain nombre de dossiers qui sont pour moi des épreuves de vérité", a lancé M. Martin lors d'une REF (rencontre des entrepreneurs de France) thématique consacrée au thème de la souveraineté.

"Va-t-on ou non mettre en oeuvre l'énorme gisement de lithium d'Echassières dans l'Allier? Dès novembre 2023, il y avait déjà des camionnettes de gendarmerie pour prévenir l'installation de zadistes. Et dans l'Ariège il y a l'hypothèse de la remise en service de la mine de tungstène de Salau: même principe même punition, ils s'exportent depuis Notre-Dame-des Landes en transitant par le Larzac (...) et sont sur site pour empêcher la relance" de cette mine, a déclaré M. Martin.

Le président du Medef a toutefois convenu que cette mine de tungstène "(n'était) pas un modèle du genre du point de vue écologique dans son exploitation antérieure".

"Va-t-on passer des paroles aux actes? C'est là qu'on mesurera si l'Etat a une autorité", a-t-il estimé.

Il s'est dit aussi "très choqué" que seule une poignée de parlementaires aient assisté en mai à une audition en commission à l'Assemblée nationale du patron de la start-up d'intelligence artificielle Mistral AI, Arthur Mensch, alors que c'est "salle comble", a-t-il dit, lorsque c'est l'économiste Gabriel Zucman ou le député UDR Charles Alloncle qui parlent.

Gabriel Zucman défend une taxe forfaitaire de 2% sur les ultra-riches et Charles Alloncle a publié un rapport parlementaire particulièrement critique sur l'audiovisuel public.

"Ca donne une idée du chemin qui nous reste à parcourir", a ajouté M. Martin.

Notant que les questions de souveraineté dépendent aussi beaucoup de l'Union européenne, il a noté "un début de commencement d'accélération", "une prise de conscience réelle" de l'importance de ce sujet.

"Sans jeter le bébé avec l'eau du bain, il faut qu'on se départisse d'une forme de naïveté ou d'angélisme qui a trop imprégné ou influencé le premier mandat d'Ursula von der Leyen", la présidente de la Commission, a-t-il affirmé.

"On peut commencer à dire que le Green Deal est allé trop loin", a-t-il noté.

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