Le président de l'Alliance du commerce Bernard Cherqui a salué mercredi auprès de l'AFP l'adoption de la loi visant à enrayer l'explosion de l'"ultra fast-fashion", estimant qu'il sera difficile pour les plateformes asiatiques de la "détourner".
Cette loi adoptée par le Parlement lundi, qui cible selon le ministre du Commerce Serge Papin les principaux acteurs de la mode éphémère à bas coût, "Shein, Temu et AliExpress", prévoit notamment des pénalités financières et une interdiction de publicité.
Les entreprises visées sont définies par deux critères cumulatifs: la largeur de gamme, c'est-à-dire les volumes de vêtements mis sur le marché, et l'incitation à réparer (un coefficient entre le prix du produit, rapporté à ce que coûterait sa réparation).
Durant son long processus législatif, cette loi "a un peu évolué dans ses objectifs", estime Bernard Cherqui, ajoutant à ses aspirations écologiques la volonté de lutter "contre ces plateformes extra-européennes qui ne respectent pas les mêmes règles", notamment "fiscales" et "sociales".
"Je pense que cela va être assez compliqué de détourner" cette loi, contrairement à la taxe française sur les petits colis, massivement contournée depuis son instauration en mars via l'expédition de marchandises", depuis d'autres pays européens, a estimé le président de l'Alliance du commerce, qui réunit les grandes enseignes de l'habillement en France.
La taxe française de 2 euros sur les petits colis a été suspendue par le gouvernement, au profit d'un droit de douane de 3 euros à l'échelle européenne instauré en juillet, avant un nouveau dispositif pour les 27 Etats membres en septembre.
"Le commerce français a engagé un marathon de survie contre ces plateformes", affirme Bernard Cherqui, qui organisait mercredi un événement visant à défendre la "slow création" face à "l'ultra-fast consommation".
La Fédération de l'e-commerce et de la vente à distance (Fevad) avait demandé mardi aux autorités françaises de repousser l'application d'une mesure de la loi, qui impose d'afficher les lieux de fabrication des vêtements sur les sites à proximité immédiate de leurs prix.
Contrairement à d'autres mesures, cette disposition est censée entrer en vigueur dès la promulgation de la loi, d'ici deux semaines au maximum.