
L'or se retrouve une nouvelle fois pris entre la peur et le rendement. De nouvelles frappes entre les États-Unis et l'Iran dans le Golfe ont fait monter le pétrole, ravivant la crainte que le coût de l'énergie puisse maintenir l'inflation élevée.
Pourtant, le métal précieux ne bénéficie pas vraiment de son statut de valeur refuge. Les opérateurs se concentrent plutôt sur ce que la hausse du brut pourrait signifier pour la Réserve fédérale.
L'or au comptant a reculé de 0,7% à $4061.35 l'once en début de séance lundi, tandis que les contrats d'août ont glissé de 0,5% à $4076.40.
Le métal est désormais en voie d'enregistrer une quatrième baisse mensuelle, avec des pertes de plus de 10% en juin.
Le choc pétrolier ravive les inquiétudes inflationnistes
La dernière pression est intervenue après la reprise des échanges militaires entre Washington et Téhéran pendant le week-end.
L'Iran a lancé des missiles et des drones contre des sites militaires américains au Koweït et à Bahreïn, après que de nouvelles frappes américaines dans le Golfe eurent remis en question le fragile cessez‑le‑feu.
Le pétrole a grimpé alors que les opérateurs ont réévalué le risque autour du détroit d'Ormuz, une voie maritime qui transporte une part importante des expéditions mondiales de brut et de GNL.
Le Brent et le WTI avaient fortement reculé ces dernières semaines à mesure que le trafic des pétroliers s'améliorait, mais l'escalade du week‑end a montré à quelle vitesse la prime de risque peut revenir.
Pour l'or, le mouvement du pétrole est problématique. Des prix du brut plus élevés peuvent relever les anticipations d'inflation, ce qui soutiendrait normalement le métal.
Cette fois, toutefois, le marché considère l'inflation énergétique comme une raison de resserrement monétaire.
Les paris sur la Fed maintiennent l'or sous pression
Les opérateurs anticipent désormais au moins une hausse de taux de la Fed cette année et voient environ 80% de chances d'une hausse en décembre, selon le CME FedWatch.
C'est la raison principale pour laquelle l'or peine à profiter de l'anxiété géopolitique.
Le métal ne verse pas d'intérêts, il tend donc à perdre de son attrait lorsque les liquidités et les obligations offrent des rendements plus élevés.
Un dollar plus ferme a ajouté un autre vent contraire, rendant le métal coté en dollars plus coûteux pour les acheteurs utilisant d'autres devises.
Les analystes indiquent que le marché ne traite plus l'or uniquement comme une couverture de crise. Il est poussé par l'interaction entre le pétrole, les anticipations d'inflation et la fonction de réaction de la Fed.
Cela rend le prochain lot de données américaines critique.
Les données sur l'emploi deviennent le prochain test
Les investisseurs se tourneront cette semaine vers les chiffres de l'emploi ADP de juin et le rapport sur les nonfarm payrolls pour obtenir des indices sur la capacité du marché du travail à supporter des taux plus élevés.
Un ensemble de données plus faible pourrait aider l'or à se stabiliser en refroidissant le dollar et en diminuant les anticipations de hausse des taux.
Mais un marché du travail résilient renforcerait l'argument en faveur d'un resserrement supplémentaire et maintiendrait les rallyes sous pression.
La diplomatie reste un autre facteur clé.
Washington et Téhéran se seraient apparemment mis d'accord pour arrêter les hostilités récentes et reprendre les discussions sur le détroit d'Ormuz, mais les frappes du week‑end ont montré la fragilité de ce processus.
L'argent a reculé de 1,1% à $58.51 l'once. Le platine a gagné 1% à $1630.13, tandis que le palladium a progressé de 0,8% à $1218.92.