L'Arabie saoudite, la Russie, et cinq autres membres de l'Opep+ se réunissent en ligne dimanche et devraient augmenter leurs quotas de production de pétrole pour le mois d'août, malgré une capacité encore réduite des pays du Golfe après la guerre au Moyen-Orient.

L'Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (Opep+) va vraisemblablement continuer au "même rythme" que les mois précédents, soit une augmentation de 188.000 barils par jour, estime auprès de l'AFP Giovanni Staunovo d'UBS.

"Mais pour l'instant la production reste probablement en-deçà des objectifs" du groupe, remarque l'analyste.

La quasi-paralysie du détroit d'Ormuz orchestrée par l'Iran durant la guerre au Moyen-Orient a bloqué les exportations des pays du Golfe, pendant plusieurs mois, les forçant à réduire leur production.

Entre le premier trimestre de l'année et le mois de mai, la production cumulée de l'Arabie saoudite, de l'Irak et du Koweït, (trois des sept pays qui remontent leurs quotas) a chuté d'environ 6 millions de barils par jour (mb/j), selon les chiffres de l'Opep.

- Un retour attendu des barils -

Avec la signature du protocole d'accord irano-américain le 17 juin, ouvrant la voie à des négociations de 60 jours reconductibles, Téhéran et Washington se sont néanmoins engagés à lever toute entrave au trafic maritime dans le détroit d'Ormuz durant cette période de pourparlers.

Depuis, la navigation dans la région montre des signes d'amélioration et les cours du pétrole ont fortement baissé, à des niveaux comparables à ceux d'avant la guerre, en anticipation d'un retour progressif à la normale.

L'approvisionnement en pétrole via cette voie navigable aurait même déjà dépassé les 10 mb/j, selon un responsable américain cité par l'agence Bloomberg.

Mais le pétrole qui sort actuellement par le détroit est celui qui a été stocké à bord des navires ou dans les cuves, "la production interrompue met du temps à redémarrer", précise à l'AFP Ole Hansen, analyste chez Saxo Bank.

Selon lui, "le mois de juillet devrait montrer une amélioration (de la production, ndlr), avec probablement une accélération de la reprise en août".

- La cohésion du groupe en jeu -

A plus long terme, "tout le monde s'attend à un surplus de production", affirme à l'AFP Jorge Leon, analyste chez Rystad Energy.

Dans un premier temps, la reconstitution des stocks dans lesquels les pays ont puisé durant le conflit devrait permettre d'absorber les flux, mais ensuite les pays producteurs pourraient faire face à une forte pression baissière sur les prix.

Et, l'Opep+ déjà affaibli par le départ des Emirats arabes unis du groupe en mai, devra conjuguer ces prix qui tendent vers le bas avec une envie de plus en plus forte des pays membres d'augmenter leur production.

L'Irak a notamment demandé au cartel de relever ses quotas de production pour rattraper le manque à gagner enregistré pendant la guerre au Moyen-Orient, a affirmé fin juin le ministère irakien du Pétrole.

Avec des volumes encore loin d'avoir retrouvé des niveaux d'avant le conflit, "la nécessité d'un quota plus élevé n'est pas imminente. En revanche, la demande de l'Irak pourrait être intégrée à l'examen des capacités prévues pour 2027", juge M. Hansen.

En fin d'année, le groupe doit en effet réévaluer les quotas des membres sur la base de leur capacité à produire davantage, ce qui pourrait devenir un sujet épineux.