Un tribunal suédois doit rendre sa décision mercredi dans le litige opposant le comparateur de prix Pricerunner, détenu par Klarna, qui réclame plus de 7 milliards d'euros à Google, accusant le géant américain d'avoir favorisé ses propres services de comparaison de prix.

L'entreprise suédoise a saisi le tribunal des brevets et de la concurrence de Stockholm en 2022, à la suite d'un arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne établissant que le géant américain avait "enfreint le droit de la concurrence de l'UE en manipulant les résultats de recherche en faveur de ses propres services de comparaison de prix".

"La plainte repose sur le fait que Google a abusé de sa position dominante en tant que moteur de recherche en favorisant son propre service de comparaison de prix au détriment des services concurrents", a rappelé le tribunal suédois dans un communiqué.

Klarna demande que Google "verse environ 80 milliards de couronnes suédoises" (7,2 milliards d'euros), ajoute-t-il.

Le procès s'est tenu en octobre dernier, et la décision est attendue mercredi à 13h00 (11h00 GMT), a indiqué le tribunal à l'AFP.

Pricerunner réclamait initialement autour de 22 milliards de couronnes (2 milliards d'euros) mais avait dit s'attendre à ce que "le montant final des dommages et intérêts lié aux poursuites soit sensiblement plus élevé", étant donné que "la violation est toujours en cours".

Ce procès est également un combat "pour les consommateurs qui ont énormément pâti de la violation du droit de la concurrence par Google au cours des 14 dernières années et encore aujourd'hui", avait estimé Mikael Lindahl, alors directeur de Pricerunner.

La Cour de justice de l'Union européenne a confirmé en 2021 une décision de la Commission européenne datant de 2017, selon laquelle "Google a enfreint le droit de la concurrence en favorisant son propre service d'achats en ligne".

"Il a déjà été établi que Google a abusé de sa position dominante au moins jusqu'en 2017", a déclaré à l'AFP Pontus Scherp, l'avocat représentant Pricerunner.

"Cela signifie que Pricerunner a droit à des dommages-intérêts s'il peut prouver qu'il a subi un préjudice", a poursuivi M. Scherp, estimant que cela avait été "démontré très clairement".

Pricerunner a également fait valoir devant le tribunal que les changements mis en oeuvre par Google en 2017 étaient "essentiellement cosmétiques", selon l'avocat, et que la question était de savoir si le tribunal partageait ce point de vue.

Un porte-parole de Google avait déclaré en octobre que l'entreprise "s'opposait fermement à cette action en justice et se réjouissait de présenter ses arguments" devant le tribunal.