Les marchés boursiers mondiaux sont allés de l'avant mardi, clôturant un trimestre faste pour les actions, en particulier technologiques, malgré la guerre au Moyen-Orient.
Côté américain, "la séance d'aujourd'hui a confirmé que les valeurs technologiques à très forte capitalisation ont repris le leadership du marché après s'être brièvement effacées la semaine dernière", soulignent les analystes de Briefing.com.
De quoi donner encore un peu plus d'élan à l'indice Nasdaq - qui rassemble ces géants du numérique. Sur la séance, il a pris 1,52%.
Mais c'est sa progression trimestrielle qui est à souligner aux yeux des analystes: +21%, un rythme plus vu depuis 2020 et la reprise post-krach du Covid-19.
Le S&P 500 (+14,87%) et le Dow Jones (+12,90%) ont aussi connu d'importantes progressions d'avril à juin.
"Et ce, malgré la guerre en Iran, les perturbations des flux de pétrole et d'engrais, ainsi qu'un bond des prix de l'énergie qui a entraîné une hausse des anticipations d'inflation à l'échelle mondiale", résume Ipek Ozkardeskaya, analyste à Swissquote.
En Europe, la Bourse de Paris a terminé en hausse de 0,44%, Francfort a gagné 1,50%, Milan 1,01%, et Londres a pris 0,12%. Les places du Vieux continent s'affichent elles aussi en nette hausse sur le trimestre.
"Le sentiment sur les marchés financiers reste marqué par une vision du +verre à moitié plein+", juge Jose Torres, de la plateforme Interactive Brokers.
"Très souvent, quand on enregistre un très bon trimestre, on observe des prises de bénéfices le dernier jour. Ce n'est pas le cas aujourd'hui, ce qui témoigne également d'un optimisme quant au troisième trimestre", abonde auprès de l'AFP Christopher Low, du cabinet FHN Financial.
Le conflit au Moyen-Orient, qui avait quelque peu chahuté les marchés à ses débuts, ne pèse désormais plus sur les indices boursiers, les investisseurs pariant sur la signature d'un accord entre les Etats-Unis et l'Iran malgré les nombreux revirements.
La baisse des prix du pétrole conforte d'ailleurs les marchés boursiers en ce sens.
Le baril de Brent a cédé 0,31% à 72,92 dollars mardi, s'approchant de ses niveaux d'avant-guerre. Son équivalent américain, le baril de WTI a perdu 1,77% à 69,50 dollars.
"Les opérateurs semblent convaincus que la guerre touche à sa fin", assure David Morrison, du courtier Trade Nation.
Des émissaires américains sont arrivés mardi à Doha pour des discussions sur l'Iran avec des médiateurs qataris, après des échanges de frappes qui ont menacé de faire voler en éclats la trêve entre Washington et Téhéran.
"Aucune rencontre directe" entre les deux belligérants n'est programmée "dans les prochains jours", a toutefois déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar, Majed al-Ansari.
Deutsche Telekom plie
Le poids lourd Deutsche Telekom (-3,91%) a tiré vers le bas l'indice Dax à Francfort, "le groupe devant s'attendre à un sérieux vent contraire sur le marché clé américain avec l'arrivée de SpaceX", selon Andreas Lipkow, de CMC Markets.
Selon les informations du quotidien Financial Times, le géant technologique du milliardaire Elon Musk souhaiterait entrer sur le marché de la téléphonie mobile, "poussant ainsi les opérateurs historiques dans leurs retranchements".
Le yen continue de s'enfoncer
Sur le marché des changes, le yen s'est encore retrouvé en baisse mardi, après avoir atteint la veille son plus bas niveau depuis 40 ans face au dollar.
La divergence des taux d'intérêt entre les deux économies plombe la devise nippone.
"Un dollar américain plus fort, soutenu par les anticipations selon lesquelles la Réserve fédérale (Fed) maintiendra ses taux à un niveau élevé plus longtemps, a éclipsé la récente hausse des taux de la Banque du Japon", explique Daniela Hathorn, analyste pour Capital.com.
La monnaie japonaise a cédé 0,37% face au billet vert, à 162,55 yens pour un dollar.