par Diana Mandia

Les Bourses européennes ont terminé en hausse vendredi, la réévaluation par les investisseurs de leurs anticipations sur les taux d'intérêt des principales banques centrales ayant soutenu les actions, même si la séance a été marquée par un faible volume de transactions avec la fermeture de la Bourse de New York.

À Paris, le CAC 40 EURONEXT:PX1 a gagné 0,39% à 8.508,07 points. À Francfort, le Dax XETR:DAX a pris 0,85% et à Londres, le FTSE 100 CURRENCYCOM:UK100 a progressé de 0,25%.

L'indice EuroStoxx 50 VELOCITY:STOXX50 a fini sur un gain de 0,88%, le FTSEurofirst 300 FTSE:E3X a pris 0,68% et le Stoxx 600 TVC:SXXP s'est octroyé 0,69%, terminant à un record de clôture à 652,84 points

Sur la semaine, le Stoxx 600 a pris 2,67% et le CAC 40 1,47%.

Les opérateurs continuent d'analyser les implications du rapport sur l'emploi aux États-Unis publié jeudi, qui a révélé une création d'emplois bien inférieure aux prévisions et une révision à la baisse des chiffres des deux mois précédents.

Ce marché du travail moins dynamique que prévu a contribué à tempérer les anticipations d'une hausse imminente des taux d'intérêt par la Réserve fédérale (Fed), qui pourrait attendre davantage pour privilégier l'équilibre entre la lutte contre l'inflation et le soutien à l'économie.

Ainsi, les opérateurs estiment que la Fed devrait maintenir ses taux inchangés jusqu'en octobre, alors même qu'ils avaient jugé "hawkish" le ton adopté par Kevin Warsh, le nouveau patron de la banque centrale, lors de la dernière réunion de l'institution tenue le mois dernier.

Le président de la Fed, tout comme la cheffe de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, a en outre affirmé cette semaine que les risques inflationnistes s'étaient légèrement atténués en raison de la récente chute des prix du pétrole, ce qui a également contribué à alimenter cette vision d'une banque centrale plus souple.

"Le marché du travail ne paraît pas en surchauffe. Kevin Warsh peut donc maintenir sa position : être ferme en paroles mais sans avoir à durcir la politique monétaire", écrivent les analystes d'ODDO dans une note publiée vendredi.

En Europe, les prévisions d'un statu quo de la BCE ce mois-ci, après une première hausse des taux en juin, ont été renforcées par les données préliminaires sur l'inflation du mois dernier, qui témoignent d'un ralentissement plus important que prévu.

Alors que les négociations entre les États-Unis et l'Iran doivent encore déboucher sur des progrès tangibles, les actions pourraient connaître une nouvelle période de volatilité à l'approche de la publication des résultats financiers du deuxième trimestre, qui devraient refléter plus clairement l'impact de la guerre sur l'activité des entreprises.

Bank of America a par ailleurs relevé vendredi son objectif de fin d'année pour l'indice STOXX 600, invoquant une amélioration des perspectives de croissance dans la zone euro, alors que le choc énergétique provoqué par la guerre en Iran s'estompe et que les mesures de relance budgétaire allemandes commencent à soutenir l'activité.

La Bourse de New York est fermée vendredi, la journée étant fériée puisque la fête de l'indépendance américaine tombe cette année un samedi.

VALEURS

L'action Pluxee EURONEXT:PLX a pris 7,8%, l'ancienne division d'avantages aux salariés de Sodexo ayant fait état d'une baisse organique moins importante que prévu de son chiffre d'affaires au troisième trimestre.

L'Oréal EURONEXT:OR a reculé de 1,4% pour finir lanterne rouge du CAC 40, le courtier JP Morgan ayant déclaré s'attendre à un second semestre plus faible pour le fabricant de cosmétiques, ce qui a également pénalisé ses rivaux Kering EURONEXT:KER (-1,6%) et Hermès EURONEXT:RMS (-0,36%).

Le secteur de la technologie (.SX8P) s'est redressé vendredi (+1,47%) après ses pertes de la veille, affichant l'une des meilleures performances du Stoxx 600.

LES INDICATEURS DU JOUR

La séance a fourni de nouvelles données sur l'activité du secteur privé dans de nombreux pays du Vieux Continent.

Le secteur des services de la zone euro s'est contracté en juin à un rythme moins marqué qu'en mai, les pressions sur les coûts s'étant atténuées, montrent les chiffres définitifs d'une enquête de S&P Global et HCOB.

En France, en revanche, le secteur s'est contracté le mois dernier plus fortement qu'initialement prévu, la faiblesse de la demande et les pressions inflationnistes ayant pesé sur les entreprises.

CHANGES

Le rapport sur l'emploi aux États-Unis a pesé cette semaine sur le dollar, relativement stable vendredi face à un panier de devises de référence TVC:DXY mais qui s'apprête à enregistrer sa plus forte baisse hebdomadaire depuis avril.

La dépréciation du billet vert permet au yen japonais de se stabiliser autour de 161 pour un dollar, sans pour autant sortir des niveaux extrêmement bas qui maintiennent le marché en alerte face à une éventuelle intervention de la Banque du Japon.

L'euro gagne 0,1% à 1,1441 dollar FX:EURUSD.

TAUX

Le rendement du Bund allemand à dix ans (DE10YT=RR) a pris environ 3 points de base à 2,9321%. Le deux ans (DE10YT=RR) a fini sur un gain de 3,6 points de base à 2,9321%.

Malgré la hausse enregistrée cette semaine, les rendements de référence restent à un niveau nettement inférieur à leur pic atteint à la mi-mai, en raison de la baisse des prix du pétrole.

L'écart de rendement entre les obligations à 10 ans de la France et de l'Allemagne (DE10FR10=RR) a d'ailleurs augmenté ces derniers jours et avoisinait vendredi les 80 points de base, son plus haut niveau depuis novembre 2025, les investisseurs manifestant à nouveau leur inquiétude quant à la situation financière de la France.

Le marché obligataire américain est fermé ce vendredi.

PÉTROLE

Les cours du pétrole évoluent peu vendredi, les investisseurs restant attentifs à toute nouvelle concernant les négociations au Moyen-Orient.

Le Brent ICEEUR:BRN1! grappille 0,06% à 71,84 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) NYMEX:CL1! cède 0,25% à 68,52 dollars.

Les deux contrats de référence ont atteint jeudi leurs plus bas niveaux depuis le début de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran, fin février.

"Nous pensons que le protocole d'accord (MoU) tiendra, non pas parce qu'une confiance s'est soudainement installée, mais parce que les incitations à le rompre sont faibles pour les deux parties", écrivent les analystes de Citi.

A SUIVRE LE 6 JUILLET : L8N42U0FV

(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)