La Fonderie de Bretagne a été à nouveau placée vendredi en redressement judiciaire, signe de la difficulté de diversifier l'ancien site Renault de pièces automobiles vers les obus pour la défense.

La fonderie, qui emploie environ 250 personnes à Caudan (Morbihan), est à l'arrêt depuis le début de l'année suite à un incendie dans un four. Elle devait reprendre son activité en juin, mais un autre incident technique a retardé son redémarrage.

"Le délibéré, il est : pas de liquidation, clairement. Deuxième chose: redressement judiciaire", a annoncé Maël Le Goff, secrétaire général CGT de la fonderie, dans des images vidéo postées sur le site internet du journal le Télégramme.

"Le Tribunal de commerce de Lorient a ouvert une période d’observation de trois mois et a désigné deux administrateurs

judiciaires avec une mission d’administration de FDB Industries", a déclaré de son côté l'actuel propriétaire du site, Europlasma, dans un communiqué.

Héritière des forges historiques d'Hennebont, créée en 1966, la Fonderie de Bretagne était déjà en redressement judiciaire début 2025, jusqu'à sa reprise en avril l'an dernier par le groupe landais spécialisé dans le traitement de déchets dangereux et la décarbonation.

La fonderie avait commencé à produire des corps creux d'obus de moyen calibre, testés en Roumanie en fin d'année dernière, selon deux sources proches du dossier. De nouveaux tests plus complets devaient avoir lieu début 2026, mais l'incendie de janvier a contrarié ce programme.

Parallèlement, Europlasma a annoncé en avril dernier l'ouverture de négociations exclusives avec un investisseur français, non identifié, pour lui céder l'ensemble de ses activités de défense pour un montant de 150 millions d'euros.

Ces discussions, qui concernent la fonderie de Caudan, les forges de Tarbes (Hautes-Pyrénées), où Europlasma produit des obus de grand calibre pour le canon Caesar du constructeur franco-allemand de chars KNDS, ainsi que le site de Valdunes (Nord), ont été prolongées fin mai et sont toujours en cours.

La Fonderie de Bretagne a souffert les années passées de la transition vers les véhicules électriques, qui embarquent moins de fonte que les véhicules thermiques, de la concurrence étrangère et d'une diversification tardive.

La bascule du site vers la défense doit lui offrir de nouvelles perspectives car elle s'inscrit dans le mouvement de réarmement européen amorcé depuis l'invasion russe de l'Ukraine et la remise en cause par l'administration Trump des accords militaires hérités de la Seconde guerre mondiale.

L'avenir de la fonderie constitue aussi un test pour les ambitions en matière de défense de la France, qui souhaite que son industrie de l'armement monte rapidement en cadence, notamment pour produire davantage de munitions. Le gouvernement avait soutenu le projet de reprise du site de Caudan par Europlasma, avec un prêt de 7 millions d'euros.