Les marchés boursiers mondiaux attendent, en ordre dispersé, le rapport sur l'emploi aux Etats-Unis pour le mois de juin, sur fond de regain des inquiétudes autour de la tech, qui ont fait chuter les indices en Asie.
Sur le Vieux continent, après une ouverture prudente, les marchés boursiers ont pris des couleurs au fil de la matinée. Vers 11H20 GMT, Paris gagnait 0,70%, Francfort 0,56%, Milan 1,02%, et Londres 0,43%.
Les contrats à terme portant sur Wall Street, présageaient eux une ouverture proche de l'équilibre, sauf pour le Nasdaq, attendu en recul.
"Aujourd'hui, les marchés vont se focaliser sur le rapport sur l'emploi américain", relèvent les analystes de Natixis. Les chiffres officiels de l'emploi et du chômage aux Etats-Unis pour le mois de juin doivent être publiés à 12H30 GMT.
Ils sont très attendus par les investisseurs, qui tenteront d'y déceler des indices permettant d'anticiper la future politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed) et de son nouveau président, Kevin Warsh.
Un marché de l'emploi solide est perçu par les marchés comme la preuve d'une activité économique qui reste dynamique. Dans ce cas, une banque centrale peut difficilement justifier des taux bas pour soutenir la croissance.
D'autant que Kevin Warsh a estimé mercredi que les prix restaient "trop élevés" dans la première économie mondiale, une prise de parole pouvant être interprétée comme une porte ouverte à une future hausse de taux.
Le consensus d'analyste cité par la plateforme financière Factset table sur un taux de chômage stable, à 4,3%, et sur une création de 100.000 emplois non agricoles, contre 172.000 le mois précédents.
Dans ce contexte, le dollar cédait 0,33% face à la monnaie unique européenne, à 1,1415 dollar pour un euro. Le taux d'intérêt à échéance dix ans de l'obligation américaine atteignait 4,49%, contre 4,48% la veille en clôture.
- L'Asie bousculée par la tech -
Autre point d'attention: la nouvelle vague de ventes des actions liées aux semi-conducteurs et à la tech, débutée à Wall Street mercredi et qui s'est amplifiée sur les places financières asiatiques dans la nuit.
Ce secteur, moteur des marchés depuis le début de l'année, est désormais en proie aux doutes des investisseurs sur la valorisation gigantesque de certaines entreprises et sur la rentabilité des investissements massifs dans l'IA.
Séoul a chuté de 7,89%, plombée par Samsung (-9,06%) et SK hynix (-14,57%). Le secteur des semi-conducteurs, éléments essentiels pour construire des centres de données servant pour l'IA, pèse très lourd sur cet indice.
Ailleurs, Taipei a perdu 0,83%, freiné par le géant TSMC (-1,60%). Et Tokyo a cédé 2,49%. En Europe, Infineon reculait de 2,23% à Francfort, ASML de 2,64% à Amsterdam et Soitec de 3,69% à Paris.
L'élément déclencheur a été une information de l'agence Bloomberg selon laquelle le géant américain Meta pourrait lancer une offre d'informatique "cloud", afin de vendre à des tiers ses capacités excédentaires de puissance de calcul destinées à entraîner les modèles d'IA.
Une concurrence nouvelle pour les infrastructures des autres entreprises, qui fait planer le risque de surcapacité sur ce marché.
Les investisseurs se demandent à quel point cela "pourrait modifier l'équilibre des forces en matière d'infrastructures d'IA", estime Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique de Lombard Odier AM.
- Le pétrole recule, rassuré sur le Moyen-Orient-
Le pétrole poursuit son repli, profitant de l'apaisement de la situation au Moyen-Orient, dans la foulée de discussions techniques entre Téhéran et Washington. Vers 11H20 GMT, le Brent de la mer du Nord, référence mondiale, cédait 1,54% à 70,47 dollars.
Son équivalent américain, le WTI, perdait 1,62% à 67,47 dollars.
Le président américain Donald Trump a évoqué mercredi de "très bonnes" réunions au Qatar, où représentants américains et iraniens ont mené des discussions indirectes et techniques sur leur protocole d'accord, après des échanges de frappes qui avaient menacé de briser la trêve.
Et l'assouplissement du blocus dans le détroit d'Ormuz se poursuit: des bateaux transportant des matières premières ont continué de traverser le passage ces derniers jours, même si le trafic maritime reste toujours moins élevé qu'en temps normal.