La Bourse de Séoul a dévissé jeudi, plombée par les champions sud-coréens des puces sur fond de prudence accrue vis-à-vis du secteur de l'IA, tandis que le pétrole recule dans la foulée des discussions Iran/Etats-Unis.
Séoul décroche, la tech inquiète
A la Bourse de Séoul, l'indice phare Kospi a terminé sur un plongeon de 7,89% à 7.648,09 points
Les géants des puces mémoires Samsung Electronucs et SK hynix, poids lourds de la cote qui ont propulsé le marché sud-coréen à des records cette année, se sont effondrés. SK hynix a clôturé en baisse de 14,57% et Samsung de 9,06%.
Ces deux titres sont frappés par des mouvements de vente ces dernières semaines, les prises de bénéfices après leurs envolées spectaculaires étant encouragées par un regain d'inquiétudes sur les perspectives de l'IA, à l'unisson de montagnes russes du secteur à Wall Street.
"L'élément déclencheur" est venu de la Bourse américaine mercredi: "les actions américaines ont inversé la tendance et leur repli a lancé un signal d'alarme immédiat pour l'Asie", souligne Stephen Innes, analyste de SPI AM.
"Séoul illustre désormais de manière exacerbée le mouvement de désengagement global observé sur le secteur de l'IA. La question n'est pas de savoir si Samsung, SK Hynix ou Kioxia demeurent des entreprises stratégiques: elles le sont incontestablement", ajoute-t-il.
"Les actions liées à l'IA ont fortement progressé et les attentes sont élevées: on assiste donc à des phases de repli périodiques, et la moindre mauvaise nouvelle déclenche des prises de bénéfices", abonde Joshua Crabb, du courtier Robeco à Hong Kong, cité par Bloomberg.
Le marché digérait notamment des informations selon lesquelles le géant américain Meta se prépare à lancer une offre d'informatique à distance (cloud), alimentant les interrogations sur l'accélération à marche forcée des capacités.
La Bourse de Tokyo est aussi sous pression des valeurs tech: l'indice Nikkei a terminé en repli de 2,47% à 68.733,15 points et l'indice élargi Topix a fini stable à 4.014,98 points.
Taipei a cédé 0,58%, Sydney a terminé stable, l'indice hongkongais Hang Seng résistait (+0,71% vers 06H30 GMT).
Le pétrole recule, rassuré sur le Moyen-Orient
Vers 06H30 GMT, le cours du baril de WTI nord-américain cédait 1,24% à 67,72 dollars et celui de Brent de la mer du Nord 1,13% à 70,76 dollars.
Le marché poursuit son repli de la veille, tablant sur un apaisement géopolitique dans la foulée de discussions techniques entre Téhéran et Washington.
Le président américain Donald Trump a évoqué mercredi de "très bonnes" réunions au Qatar, où représentants américains et iraniens ont mené des discussions indirectes et techniques sur leur protocole d'accord, après des échanges de frappes qui avaient menacé de briser la trêve entre les deux pays.
Les opérateurs restent notamment rassérénés par l'assouplissement du blocus dans le détroit d'Ormuz, qu'ont franchi ces derniers jours des bateaux transportant des matières premières.
Le yen stable, guettant Tokyo et la Fed
La monnaie japonaise grimpait de 0,7% à 161,41 yens pour un dollar vers 06H30 GMT.
Elle avait glissé mercredi à 162,84 yens, son plus bas niveau face au billet vert depuis 1986, avivant les anticipations d'une possible nouvelle intervention des autorités japonaises pour soutenir leur devise.
Le yen a pâti de l'envolée des cours du pétrole, qui ont alourdit la facture des importations énergétiques japonaises, mais surtout de l'écart entre taux d'intérêt japonais et américains, le marché misant sur de nouveaux durcissements monétaires de la Réserve fédérale américaine (Fed).
Dans ce contexte, les investisseurs décortiquent les dernières déclarations du président de la Fed Kevin Warsh, qui a voulu convaincre de son sérieux en matière de lutte contre l'inflation.