Les Bourses mondiales ont globalement terminé en hausse jeudi, aidées par des chiffres de l'emploi décevants aux Etats-Unis, qui tempèrent les attentes d'un resserrement monétaire rapide de la banque centrale américaine (Fed), sur fond de faiblesse continue des semi-conducteurs.

En Europe, la Bourse de Paris a terminé en hausse de 1,65%, Londres a gagné 1,67% et Milan 1,60% quand Francfort a terminé en forte progression (+2,16%), inscrivant un nouveau record en séance comme en clôture.

Les Bourses de Madrid, Zurich ou encore Stockholm ont également enregistré un nouveau plus haut historique en séance jeudi.

A Wall Street, le Dow Jones a progressé de 1,14%, s'offrant également un nouveau record en clôture. L'indice élargi S&P 500 a terminé à l'équilibre (+0,00%) tandis que l'indice Nasdaq, qui rassemble les valeurs technologiques, a reculé de 0,80%.

Les données sur l'emploi américain sont contrastées: le chômage est passé de 4,3% à 4,2% en juin mais la première économie mondiale a créé dans le même temps moitié moins d'emplois qu'attendu.

Selon les statistiques officielles, 57.000 emplois ont été créés sur la période, quand les investisseurs en escomptaient autour de 110.000, d'après les différents consensus.

"Le marché a trouvé un certain réconfort dans l'idée que ces données (...) pourraient signifier que la Fed n'aura pas à relever ses taux trop rapidement", estime auprès de l'AFP Patrick O'Hare, de Briefing.com.

Des taux bas sont vus d'un bon oeil par les marchés, car ils stimulent les investissements.

L'institution monétaire américaine dispose toutefois d'un double mandat: en plus de viser le plein emploi, elle doit aussi maintenir l'inflation dans la cible des 2%.

Et pour Wendy Edelberg, spécialiste de la macroéconomie à la Brookings Institution, "les effets de la hausse des prix de l'énergie due à la guerre en Iran ne sont pas encore terminés", estime-t-elle auprès de l'AFP.

Dans ce contexte, le dollar cédait 0,49% face à la monnaie unique européenne, à 1,1433 dollar pour un euro vers 21H00 GMT.

Sur le marché de la dette, le rendement de l'emprunt américain à échéance deux ans, le plus sensible à la conjoncture monétaire, reculait à 4,14% contre près de 4,18% la veille à la clôture.

- Les semi-conducteurs à la peine -

Autre point d'attention: la nouvelle vague de ventes des actions liées au secteur des puces, débutée à Wall Street mercredi et qui s'est amplifiée sur les places financières asiatiques dans la nuit.

Jeudi encore à Wall Street, Nvidia a lâché 1,39%, de même que AMD (-4,26%), Intel (-5,25%), Broadcom (-2,41%), Sandisk (-14,13%) ou encore Micron (-5,49%).

Les semi-conducteurs, moteurs des marchés depuis le début de l'année, font face au scepticisme des investisseurs quant à la valorisation gigantesque de certaines entreprises et à la rentabilité des investissements massifs dans l'IA.

Patrick O'Hare tempère toutefois: "ce groupe a enregistré des performances boursières tout simplement phénoménales au deuxième trimestre (...) il est donc raisonnable de s'attendre à un certain recul."

La Bourse de Séoul, très exposée au secteur, a chuté de 7,89% et Tokyo a perdu 2,47%.

- Bayer s'envole -

"Les investisseurs à Francfort se sont montrés particulièrement offensifs sur les titres Bayer (...) après le coup de théâtre judiciaire", relève Andreas Lipkow de CMC Markets.

Le géant allemand de l'agrochimie Bayer s'est envolé de 8,9% à la Bourse à Francfort, après l'annonce d'un regroupement des activités glyphosate aux États-Unis dans une nouvelle entité, susceptible de limiter les risques judiciaires liés au désherbant controversé Roundup.

- Le pétrole sans élan -

Les cours du pétrole sont restés sans grand mouvement jeudi, se maintenant aux niveaux d'avant la guerre au Moyen-Orient grâce à l'optimisme quant à une trêve durable et aux signaux positifs sur la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord a pris 0,32% à 71,80 dollars et son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, a grappillé 0,16% à 68,69 dollars.