Le géant allemand de l'agrochimie Bayer s'envolait jeudi à la Bourse à Francfort, après l'annonce d'un regroupement des activités glyphosate aux États-Unis dans une nouvelle entité, susceptible de limiter les risques judiciaires lié au désherbant controversé Roundup.

Vers 14h00 GMT, le cours de l'action Bayer prenait 7,27% au sein d'un indice Dax prenant plus de 2%.

Jeudi, le groupe a dit dans un communiqué vouloir créer une nouvelle entité, nommée Ruveon, afin d'"optimiser" et "aligner" la production de l'herbicide aux "besoins spécifiques du marché américain".

Basée à Saint-Louis (Missouri), elle "se concentrera sur tous les aspects du glyphosate aux Etats-Unis, notamment la tarification, les stratégies de mise sur le marché, la production et la logistique, et sera seul responsable de cette activité".

L'annonce intervient une semaine après la décision rendue par la Cour suprême des Etats-Unis en faveur de Bayer, qui pourrait rendre caduques des dizaines de milliers de plaintes visant son herbicide phare à base de glyphosate, le Roundup.

Pour régler les litiges sur ce produit accusé d'être cancérigène, le groupe de Leverkusen (ouest) a trouvé début 2026 un accord financier allant jusqu'à 7,25 milliards de dollars, qui doit encore être approuvé par un tribunal américain de Saint-Louis, dans le Missouri.

Le regroupement des activités américaines du glyphosate dans une entité dédiée pourrait, à terme, faciliter une éventuelle cession de l'activité, et réduire son exposition à de nouveaux contentieux.

Le glyphosate a été classé en 2015 "cancérogène probable" par le Centre international de recherche sur le cancer de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Il est interdit en France depuis fin 2018 pour les usages domestiques.

Bayer affirme depuis des années que le glyphosate est sûr lorsqu'il est utilisé conformément aux instructions, en s'appuyant sur des études scientifiques et les avis de plusieurs autorités réglementaires.

La Commission européenne a du reste décidé fin 2023 de renouveler son autorisation pour dix ans, considérant que le produit n'a "aucun effet nocif sur la santé humaine ni aucun effet inacceptable sur l'environnement".