Les Bourses mondiales ont temporisé mercredi alors que le président de la Fed Kevin Warsh s'est montré rassurant et offensif face à l'inflation et que les créations nettes d'emplois ont ralenti aux États-Unis.

Les craintes en matière de hausse des prix se sont apaisées avec la détente au Moyen-Orient et le reflux des prix de l'énergie, a observé le nouveau patron de la Fed lors de la rencontre des banquiers centraux à Sintra, au Portugal.

Les prix sont cependant "trop élevés" aux États-Unis, a-t-il ajouté. "Si certains acteurs (...) pensaient que cette banque centrale allait se satisfaire d'un objectif d'inflation supérieur à 2%, eh bien, j'imagine qu'ils seraient déçus".

"Warsh a clairement indiqué qu'il n'était pas à l'aise avec un taux d'inflation supérieur à l'objectif de 2% ; actuellement, l'inflation est de 4,2% aux États-Unis", relève l'analyste Kathleen Brooks, directrice de recherche pour la plate-forme d'investissement XTB.

"Kevin Warsh a beau avoir été nommé pour faire baisser les taux, il ne va pas le faire", ajoute Charlotte de Montpellier (ING), jointe par l'AFP.

Première conséquence: les propos du président de la Fed profitent au dollar, avec la perspective d'un maintien ou d'un relèvement des taux aux États-Unis qui intéresse évidemment les détenteurs de capitaux.

Vers 16H00 GMT, l'euro ne valait plus que 1,1391 dollar contre 1,1422 en clôture la veille (-0,27%).

"Les investisseurs continueront probablement de privilégier le dollar américain, tandis qu'ils prennent la mesure d'une Réserve fédérale qui semble résolue à maintenir l'inflation sous contrôle", observe Fawad Razaqzada, analyste de marché pour FOREX.com.

Sur le marché obligataire, le rendement de l'emprunt américain à échéance deux ans, le plus sensible à la conjoncture monétaire, baissait à moins de 4,15% contre 4,17% la veille.

En Europe, ces taux remontaient légèrement sur le Bund allemand à dix ans (quasi 2,88% contre 2,85% la veille) et son équivalent français (3,68% contre 3,65% la veille).

Le marché des actions sur ses gardes

Aux États-Unis, Wall Street intégrait l'information du jour: les entreprises privées ont dans l'ensemble créé 98.000 emplois en juin, contre 122.000 en mai.

A New York, le S&P 500 (+0,19%) et le Dow Jones (+0,56%) progressaient sur fond de chiffres de l'activité manufacturière en progression, mais moins qu'anticipé par les analystes.

Le Nasdaq était en recul (-0,26%) à contre-courant de la forte progression de Meta (+10,12%) après une information de l'agence Bloomberg annonçant que le groupe se prépare à lancer une offre d'informatique à distance ou "cloud".

Parmi les grandes Bourses européennes, seule Francfort a pris des risques (+0,18%) portée par la ruée des investisseurs sur SAP (solutions technologiques, +5,13%) et Rheinmetall (défense, +6,07%).

A Paris (-0,79%), EssilorLuxoticca (+5,46%), partenaire de Meta sur le marché des lunettes augmentées à l'IA, a profité de l'annonce de la société californienne.

Londres a également reculé (-0,18%), tirée vers le bas par AB Foods (-3,31%), selon lequel la vente de ses huiles de cuisson aux États-Unis a reculé en raison des pressions migratoires exercées sur la population hispanique, sa principale clientèle.

Le yen poursuit sa chute

La devise japonaise a atteint plus de 162,80 yens pour un dollar vers 03H30 GMT mercredi, son plus bas niveau face au billet vert depuis 1986.

Un niveau "qui alimente les spéculations sur une intervention imminente des autorités japonaises sur le marché des changes", souligne l'analyste Jim Reid.

Sur un an, le yen a perdu environ 12% face au dollar, avec l'envolée des cours du pétrole qui alourdissent la facture des importations énergétiques japonaises, mais surtout l'écart entre taux d'intérêt japonais (1%) et américains (3,75%).

Vers 16H00 GMT, la devise nippone se stabilisait face au billet vert, à 162,43 yens pour un dollar.

Le pétrole en baisse

Les cours du brut s'inscrivent à la baisse, "les discussions indirectes entre les États-Unis et l'Iran ayant été positives et les transits maritimes reprenant progressivement dans le détroit d'Ormuz", constatent les analystes de DNB.

Vers 16H30 GMT, le Brent de la mer du Nord cédait 2,43% à 71,18 dollars le baril, et son équivalent américain, le WTI, perdait 2% à 68,11 dollars le baril.