Les marchés mondiaux attendent mercredi le discours du nouveau président de la Réserve fédérale américaine (Fed) Kevin Warsh au forum annuel de la Banque centrale européenne (BCE) à Sintra au Portugal.

Il s'agit de l'une de ses premières grandes apparitions internationales depuis sa prise de fonctions à la tête de l'institution, souligne Kathleen Brooks, directrice de la recherche de XTB.

En attendant, le dollar s'appréciait de 0,35% face à la monnaie unique, à 1,1382 dollar pour un euro vers 12H00 GMT.

"Le dollar reste bien soutenu depuis la dernière réunion [de la Fed], et le marché attend désormais de voir si Kevin Warsh lui donnera une nouvelle raison de monter", souligne Stephen Innes, gérant de SPI AM. "Avec une Fed qui fournit peu d'indications prospectives, chaque prise de parole publique du nouveau président a un poids un peu plus important que d'habitude."

Sur le marché obligataire, le rendement de l'emprunt américain à échéance deux ans, le plus sensible à la conjoncture monétaire, restait cependant presque stable, à 4,18% contre 4,17% la veille.

Les marchés patientent également avant la publication du rapport officiel sur l'emploi américain publié jeudi avant l'ouverture à Wall Street, "qui pourrait constituer le prochain catalyseur majeur pour les marchés financiers", d'après John Plassard, analyste pour Cité Gestion Private Bank.

Des premières données sur l'emploi ont été publiées mercredi, concernant le secteur privé. Selon l'enquête régulière ADP/Stanford Lab, les créations nettes d'emplois dans le secteur privé ont ralenti le mois dernier aux États-Unis, légèrement en dessous des attentes des marchés.

Les marchés d'actions ont quant à eux terminé le premier semestre "mouvementé" de l'année sur une note "exceptionnellement positive", malgré "de fortes tensions géopolitiques et une crise énergétique", rappelle Ipek Ozkardeskaya, analyste à Swissquote.

"La flambée des prix du pétrole n'a eu qu'un impact de courte durée sur l'appétit des investisseurs mondiaux pour le risque. L'optimisme autour de l'intelligence artificielle (IA) a propulsé les indices à la hausse; les fabricants de composants électroniques ont été les principaux gagnants", résume-t-elle.

Mercredi, l'humeur est à la prudence en Europe. Vers 12H15 GMT, la Bourse de Paris perdait 0,88%, Londres cédait 0,57% et Milan 0,33%. Francfort évoluait à l'équilibre (+0,07%).

A Wall Street, les contrats à terme sur les trois principaux indices cèdent du terrain, "ce qui laisse présager une séance relativement calme avant la publication des chiffres de l'emploi jeudi", note Mme Brooks.

Les marchés asiatiques ont également entamé le second semestre de manière contrastée.

A Séoul, l'indice Kospi a abandonné 2,04%, miné par des prises de bénéfices et une pause du marché après les envolées des valeurs tech ces dernières semaines.

"À l'inverse, l'amélioration de l'activité manufacturière au Japon et en Chine soutient les marchés de Tokyo et de Chine continentale", note Jim Reid, économiste à la Deutsche Bank.

L'indice vedette Nikkei de la Bourse de Tokyo a terminé en hausse de 0,59%. En Chine, Shanghai a gagné 0,44%. La Bourse de Hong Kong est fermée en raison d'un jour férié.

Le yen poursuit sa chute

La devise japonaise a atteint plus de 162,80 yens pour un dollar vers 03H30 GMT mercredi, son plus bas niveau face au billet vert depuis 1986.

Un niveau "qui alimente les spéculations sur une intervention imminente des autorités japonaises sur le marché des changes", souligne Jim Reid.

Sur un an, le yen a perdu environ 12% face au dollar, avec l'envolée des cours du pétrole qui alourdissent la facture des importations énergétiques japonaises, mais surtout l'écart entre taux d'intérêt japonais et américains.

Vers 12H00 GMT, la devise nippone se stabilisait face au billet vert (+0,09%), à 162,70 yens pour un dollar.

Le pétrole en baisse

Les cours du brut s'inscrivent à la baisse mercredi, "les discussions indirectes entre les États-Unis et l'Iran ayant été positives et les transits maritimes reprenant progressivement dans le détroit d'Ormuz", constatent les analystes de DNB.

Vers 12H00 GMT, le Brent de la mer du Nord cédait 0,93% à 72,27 dollars le baril, et son équivalent américain, le WTI, perdait 0,55% à 69,12 dollars le baril.