Les marchés mondiaux restaient attentifs mercredi au moindre mot du nouveau président de la Réserve fédérale américaine (Fed) Kevin Warsh, qui parlait au forum annuel de la Banque centrale européenne (BCE) à Sintra au Portugal.

"Si certains acteurs (...) pensaient que cette banque centrale allait se satisfaire d'un objectif d'inflation supérieur à 2%, eh bien, j'imagine qu'ils seraient déçus", a-t-il déclaré depuis ce forum qui réunit les banquiers centraux des grandes économies.

"Le dollar reste bien soutenu depuis la dernière réunion (de la Fed, ndlr), et le marché attend désormais de voir si Kevin Warsh lui donnera une nouvelle raison de monter", souligne Stephen Innes, gérant de SPI AM. "Avec une Fed qui fournit peu d'indications prospectives, chaque prise de parole publique du nouveau président a un poids un peu plus important que d'habitude".

En attendant, le billet vert reculait légèrement face à l'euro (-0,11%), à 1,1409 dollar pour un euro vers 14H00 GMT.

Sur le marché obligataire, le rendement de l'emprunt américain à échéance deux ans, le plus sensible à la conjoncture monétaire, baissait à 4,15% contre 4,17% la veille.

Les marchés patientent également avant la publication du rapport officiel sur l'emploi américain publié jeudi avant l'ouverture à Wall Street, "qui pourrait constituer le prochain catalyseur majeur pour les marchés financiers", d'après John Plassard, analyste pour Cité Gestion Private Bank.

Des premières données sur l'emploi ont été publiées mercredi, concernant le secteur privé. Selon l'enquête régulière ADP/Stanford Lab, les créations nettes d'emplois dans le secteur privé ont ralenti le mois dernier aux États-Unis, légèrement en dessous des attentes des marchés.

Les marchés d'actions ont quant à eux terminé le premier semestre "mouvementé" de l'année sur une note "exceptionnellement positive", malgré "de fortes tensions géopolitiques et une crise énergétique", rappelle Ipek Ozkardeskaya, analyste à Swissquote.

"La flambée des prix du pétrole n'a eu qu'un impact de courte durée sur l'appétit des investisseurs mondiaux pour le risque. L'optimisme autour de l'intelligence artificielle (IA) a propulsé les indices à la hausse; les fabricants de composants électroniques ont été les principaux gagnants", résume-t-elle.

- Prudence sur le marché des actions -

Mercredi, l'humeur est à la prudence en Europe.

Après quelques minutes d'échange, l'humeur de Wall Street était à la prise de bénéfices après le meilleure trimestre du Nasdaq (-0,66%) depuis le Covid. Le S&P 500 (-0,31%) et le Dow Jones flirtait avec son point d'équilibre (-0,08%).

Seule exception, le titre de Meta bondissait à l'ouverture (+6,96%), propulsé par une information de l'agence Bloomberg annonçant que le groupe se prépare à lancer une offre d'informatique à distance ou "cloud".

Vers 14H00 GMT, la Bourse de Paris perdait 0,83%, Londres cédait 0,37% et Milan 0,28%. Francfort évoluait à l'équilibre (-0,05%).

- Le yen poursuit sa chute -

La devise japonaise a atteint plus de 162,80 yens pour un dollar vers 03H30 GMT mercredi, son plus bas niveau face au billet vert depuis 1986.

Un niveau "qui alimente les spéculations sur une intervention imminente des autorités japonaises sur le marché des changes", souligne Jim Reid.

Sur un an, le yen a perdu environ 12% face au dollar, avec l'envolée des cours du pétrole qui alourdissent la facture des importations énergétiques japonaises, mais surtout l'écart entre taux d'intérêt japonais et américains.

Vers 14H00 GMT, la devise nippone se stabilisait face au billet vert (+0,09%), à 162,33 yens pour un dollar.

- Le pétrole en baisse -

Les cours du brut s'inscrivent à la baisse, "les discussions indirectes entre les États-Unis et l'Iran ayant été positives et les transits maritimes reprenant progressivement dans le détroit d'Ormuz", constatent les analystes de DNB.

Vers 14H00 GMT, le Brent de la mer du Nord cédait 1,47% à 71,88 dollars le baril, et son équivalent américain, le WTI, perdait 0,94% à 68,85 dollars le baril.