La Bourse de Séoul plonge fortement jeudi, plombée par les valeurs tech sur fond de prudence accrue vis-à-vis du secteur de l'IA, tandis que le pétrole recule avec l'amélioration du trafic dans le détroit d'Ormuz.
Séoul décroche, la tech inquiète
La Bourse de Séoul a chuté de quelque 7% jeudi dans les premiers échanges, avant de modérer ses pertes: vers 02H00 GMT, l'indice Kospi continuait de lâcher 2,6% à 8.078 points.
Les géants des puces mémoires Samsung et SK hynix, poids lourds de la cote qui ont propulsé le marché sud-coréen à des sommets records cette année, enregistraient des baisses d'environ 6%.
Ces deux titres sont frappés par des mouvements de vente ces dernières semaines, les prises de bénéfices après leurs envolées spectaculaires étant encouragées par un regain d'inquiétudes sur les perspectives de l'IA, à l'unisson de montagnes russes du secteur à Wall Street.
"Tout est allé très vite. La vague de ventes s'est concentrée précisément là où la foule des investisseurs se sentait le plus à l'aise. L'élément déclencheur survenu durant la nuit était déjà inquiétant: les actions américaines ont inversé la tendance et leur repli a lancé un signal d'alarme immédiat pour l'Asie", souligne Stephen Innes, analyste de SPI AM.
"Mais les véritables dégâts proviennent de la structure même du marché. Lorsqu'un secteur très prisé et fortement exposé à un effet de levier commence à chuter à l'ouverture, le cours reflète un simple mécanisme de liquidation", les ordres de vente devenant automatiques, ajoute-t-il.
"Séoul illustre désormais de manière exacerbée le mouvement de désengagement global observé sur le secteur de l'IA. La question n'est pas de savoir si Samsung, SK Hynix ou Kioxia demeurent des entreprises stratégiques: elles le sont incontestablement", mais malgré des résultats robustes, "l'effet de levier (investissement par endettement) et l'encombrement des positions" peuvent précipiter des mouvements de repli.
A la Bourse de Tokyo, l'indice phare Nikkei perdait 0,95% à 69.793 points, et l'indice élargi Topix 0,91% à 4.047 points. Taipei cédait 0,78%, Sydney était stable, l'indice hongkongais Hang Seng résistait (+1,65%).
"Suite à la baisse des valeurs américaines du secteur des semi-conducteurs, le repli des valeurs liées à ce secteur, telles qu'Advantest, qui ont un impact significatif sur le Nikkei, pèsent sur l'indice", notaient les experts de Tokai Tokyo Intelligence.
Le marché digère notamment une information de l'agence Bloomberg annonçant que le géant américain Meta se préparait à lancer une offre d'informatique à distance ou "cloud", alimentant les interrogations sur l'accélération à marche forcée des capacités du secteur.
Le pétrole recule, rassuré sur le Moyen-Orient
Vers 02H00 GMT, le cours du baril de WTI nord-américain cédait 1,20% à 67,76 dollars et celui de Brent de la mer du Nord 0,99% à 70,85 dollars.
Le marché poursuit son repli de la veille, tablant sur un apaisement géopolitique dans la foulée de discussions techniques entre Téhéran et Washington.
Le président américain Donald Trump a évoqué mercredi de "très bonnes" réunions au Qatar, où représentants américains et iraniens ont mené des discussions indirectes et techniques sur leur protocole d'accord, après des échanges de frappes qui avaient menacé de briser la trêve entre les deux pays.
Les opérateurs restent notamment rassérénés par l'assouplissement du blocus dans le détroit d'Ormuz, qu'ont franchi ces derniers jours des bateaux transportant des matières premières, même si le trafic maritime reste toujours moins élevé qu'en temps normal.
Le yen stable, le marché guette une intervention
La monnaie japonaise était stable vers 02H00 GMT à 162,53 yens pour un dollar. Elle a glissé mercredi à 162,84 yens, son plus bas niveau face au billet vert depuis 1986.
La monnaie a pâti de l'envolée des cours du pétrole, qui ont alourdit la facture des importations énergétiques japonaises, mais surtout de l'écart entre taux d'intérêt japonais et américains, le marché misant sur de nouveaux durcissements monétaires de la Réserve fédérale américaine (Fed).
Dans ce contexte, les investisseurs décortiquent les dernières déclarations du président de la Fed Kevin Warsh, qui a voulu convaincre de son sérieux en matière de lutte contre l'inflation.