Les Bourses mondiales évoluent majoritairement dans le vert, portées par les anticipations de politique monétaire américaine moins restrictive après les données sur l'emploi aux Etats-Unis, et par le rebond des valeurs technologiques.
"Actuellement, la Bourse est portée par un mélange d'euphorie autour de l'IA et d'optimisme conjoncturel", résume Andreas Lipkow de CMC Markets.
Le ralentissement du marché de l'emploi aux États-Unis a "renforcé le scénario d'une Réserve fédérale plus patiente, soutenant (...) les marchés actions", explique John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement chez Cité Gestion Private Bank.
Aux Etats-Unis, le chômage est passé de 4,3% à 4,2% en juin mais la première économie mondiale a créé dans le même temps moitié moins d'emplois qu'attendu.
Selon les statistiques officielles publiées jeudi, 57.000 emplois ont été créés sur la période, quand les investisseurs en escomptaient autour de 110.000, d'après les différents consensus.
Les chiffres du marché du travail américain "ont apaisé les craintes d'une accélération de l'inflation salariale, tout en mettant en lumière la robustesse de l'emploi", explique-t-il. "Cela a suffi pour entraîner aussi les marchés actions moins fortement orientés vers la technologie, via les secteurs cycliques", beaucoup plus sensibles à la conjoncture économique.
Les places européennes ont ainsi ouvert en hausse, et dans les premiers échanges, la Bourse de Paris prenait 0,30%, Francfort 0,68%, Londres 0,33% et Milan 0,55%.
- Changement d'humeur dans la tech -
En parallèle, "le mal d'altitude qui frappait récemment les valeurs technologiques s'atténue quelque peu ce matin", souligne Jim Reid, économiste à la Deutsche Bank, avec un indice Kospi à Séoul "en fort rebond (+5,76%) après une semaine difficile".
La Bourse de Séoul profite du poids des valeurs liées à l'intelligence artificielle dans la composition de son indice: SK hynix s'est envolé de 10,88% et Samsung Electronics de 8,22%, rattrapant quasiment leurs pertes de la veille.
A la Bourse de Tokyo, également très exposée à la tech, l'indice Nikkei a terminé en hausse de 1,47%. L'indice hongkongais Hang Seng prenait 1,38% dans les derniers échanges.
Les semi-conducteurs, moteurs des marchés depuis le début de l'année, ont fait face au scepticisme des investisseurs quant à la valorisation gigantesque de certaines entreprises et à la rentabilité des investissements massifs dans l'IA.
L'humeur est plus optimiste vendredi avec l'émergence de "plusieurs informations positives", relève Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote.
La start-up américaine d'intelligence artificielle OpenAI a proposé au gouvernement américain de prendre une participation de 5% dans son capital, pour tenter d'arrondir les angles avec l'administration de Donald Trump, rapporte jeudi le Financial Times.
Par ailleurs, "Anthropic serait en discussion avec Samsung afin de développer une nouvelle puce électronique", poursuit Mme Ozkardeskaya.
Le secteur des semi-conducteurs repart également à la hausse en Europe. A Francfort, Infineon Technologies prenait 1,81%, Aixtron 3,91% et Siltronic 2,13% dans les premiers échanges.
- Le pétrole quasi stable -
Le prix du baril de brut reste presque stable "tandis que l'augmentation des flux de pétrole transitant par le détroit d'Ormuz et la poursuite des négociations entre les États-Unis et l'Iran continuent d'atténuer les inquiétudes concernant l'approvisionnement", commente Soojin Kim, de MUFG.
Des représentants américains et iraniens ont conclu jeudi une session de négociations techniques et indirectes au Qatar en vue de faire cesser durablement les hostilités au Moyen-Orient, après des échanges de frappes ayant menacé la trêve.
Vers 07H15 GMT, le Brent de la mer du Nord, référence mondiale, prenait 0,50% à 72,16 dollars. Son équivalent américain, le WTI, gagnait 0,42% à 68,98 dollars.
"À l'avenir, les prix du pétrole devraient rester contenus dans une fourchette étroite, voire s'orienter légèrement à la baisse, à mesure que l'offre régionale continue de se normaliser et que les primes de risque géopolitique s'estompent", estime l'analyste.