Les Bourses de Séoul et Tokyo se sont nettement reprises vendredi au lendemain d'un plongeon, les valeurs tech s'accordant un répit après avoir été laminées sur fond d'inquiétudes quant aux valorisations liées à l'IA, tandis que le yen restait fébrile.

- Séoul s'envole, la tech reprend son souffle -

L'inquiétude concernant les titres liés aux semi-conducteurs, baromètre d'un secteur tech dopé par l'essor de l'intelligence artificielle (IA), a connu une accalmie en Asie.

A Séoul, l'indice phare Kospi a de nouveau chuté vendredi dans les premiers échanges, avant d'effacer ses pertes et de rebondir vigoureusement: il a fini en hausse de 5,76%..

Il s'était effondré de presque 8% jeudi, plombé par une chute des deux champions des puces mémoires, SK hynix et Samsung Electronics.

Les semi-conducteurs, moteurs des marchés depuis le début de l'année, font face au scepticisme des investisseurs quant à la valorisation gigantesque de certaines entreprises et à la rentabilité des investissements massifs dans l'IA.

Mais des achats à bon compte ont permis vendredi à SK hynix (+10,88%) comme à Samsung (+8,22%) de reprendre des couleurs, effaçant une partie de leurs colossales pertes de jeudi.

A la Bourse de Tokyo, également très exposée à la tech, l'indice Nikkei a progressé en clôture de 1,47% à 69.744,06 points.

Signe de la fébrilité sur les semi-conducteurs, le fabricant et concepteur de puces mémoire Kioxia a plongé de 12% à l'ouverture, avant de rebondir dans le vert et finir en hausse de 9,23%.

La nervosité pourrait cependant persister. "On craint que les prix élevés des capacités mémoire n'encouragent pas l'émergence de solutions d'IA moins gourmandes en mémoire et que, finalement, tous les projets de construction de centres de données ne voient pas le jour", commente Louis Navellier, de Navellier & Associates, cité par Bloomberg.

La Bourse de Taipei a fini stable, Sydney a gagné 1,37%, l'indice hongkongais Hang Seng prenait 1,36% vers 06H45 GMT.

- Le yen fragile -

La monnaie japonaise gagnait légèrement du terrain (+0,15%) vers 06H45 GMT à 160,86 yens pour un dollar après s'être fortement renforcée la veille.

Elle avait glissé mercredi à 162,84 yens, son plus bas niveau face au billet vert depuis 1986.

Le soudain renforcement de jeudi ravive les spéculations sur une possible intervention des autorités japonaises sur le marché des changes pour soutenir leur devise, alors que Tokyo s'était dit prêt à agir plus tôt cette semaine.

Le yen pâtit de l'écart entre les taux d'intérêt américains et japonais, le marché misant sur de nouveaux durcissements monétaires de la Réserve fédérale américaine (Fed) plus tard cette année.

Pour autant, les chiffres de l'emploi américain diffusés jeudi "sont ressortis inférieurs aux attentes du marché, et les spéculations sur de nouveaux relèvements de taux de la Fed se sont quelque peu apaisées, déclenchant des ventes généralisées de dollars", de quoi aider le yen, observent les experts du courtier Monex.

Cela permettait aussi à l'or, qui avait pâti ces dernières semaines des anticipations de hausses de taux américains, de se renforcer de 1,40% à 4.180,02 dollars l'once.

- Energies renouvelables en force à Shenzhen -

Un géant chinois des énergies renouvelables, China Resources New Energy, a fait une entrée en fanfare jeudi à la Bourse de Shenzhen, où son cours a flambé de 137% sur sa première séance par rapport à son prix d'introduction.

Il s'agit, selon les médias financiers, de la plus importante introduction en bourse réalisée en Asie depuis le début de l'année: l'opération a permis au groupe de lever 24,5 milliards de yuans (3,6 milliards de dollars).

L'entreprise est une filiale de China Resources, vaste conglomérat dont les activités vont des boissons à l'immobilier.

Vendredi à la mi-séance, le titre cédait 7,7%, reprenant son souffle.

- Le pétrole raffermi -

Vers 06H45 GMT, le cours du baril de WTI nord-américain gagnait 0,44% à 68,99 dollars, et celui de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, 0,58% à 72,22 dollars.

Le marché reprend son souffle après avoir reculé sur les dernières séances après des discussions Iran/Etats-Unis et sur fond de circulation accrue dans le stratégique détroit d'Ormuz.