La Bourse de Séoul a rebondi vendredi après avoir dévissé de 8% la veille, Tokyo se reprenant aussi dans des marchés agités par l'inquiétude sur les semi-conducteurs, tandis que le yen restait fébrile, à la merci de possibles interventions de Tokyo.

Séoul hésite, nervosité sur la tech

L'inquiétude liée aux titres liés aux semi-conducteurs, baromètre d'un secteur tech dopé par l'essor de l'intelligence artificielle (IA), continue d'agiter les Bourses asiatiques.

A Séoul, l'indice phare Kospi a de nouveau chuté vendredi dans les premiers échanges, perdant plus de 3% avant d'effacer ses pertes: vers 03H00 GMT, il gagnait 3,23%.

Il s'était effondré de 7,89% jeudi, plombé par les deux champions des puces mémoires: SK hynix avait dévissé de 14,57% et Samsung Electronics de 9%.

Les semi-conducteurs, moteurs des marchés depuis le début de l'année, font face au scepticisme des investisseurs quant à la valorisation gigantesque de certaines entreprises et à la rentabilité des investissements massifs dans l'IA.

Vendredi vers 03H00, SK hynix (+3,89%) et Samsung (+6,30%) se reprenaient cependant fortement, effaçant une partie de leurs colossales pertes de jeudi.

A la Bourse de Tokyo, également très exposée à la tech, l'indice Nikkei progressait de 0,74% à 69.243 points à la mi-séance.

Signe de la nervosité persistante sur les semi-conducteurs, le fabricant et concepteur de puces mémoire Kioxia a plongé de 12% à l'ouverture (...) avant de rebondir dans le vert une heure plus tard.

"On craint que les prix élevés des capacités mémoire n'encouragent l'émergence de solutions d'IA moins gourmandes en mémoire et que, finalement, tous les projets de construction de centres de données ne voient pas le jour", commente Louis Navellier, de Navellier & Associates, cité par Bloomberg.

La Bourse de Taipei cédait 0,75%, Sydney gagnait en revanche 1,24%, l'indice hongkongais Hang Seng prenait 1,42%.

Le yen fragile

La monnaie japonaise tentait de se stabiliser vers 03H00 GMT à 161,21 yens pour un dollar après s'être fortement renforcé la veille.

Elle avait glissé mercredi à 162,84 yens, son plus bas niveau face au billet vert depuis 1986.

Le soudain renforcement de jeudi avive les spéculations sur une possible intervention des autorités japonaises sur le marché des changes pour soutenir leur devise.

Le yen pâtit d'un écart entre les taux d'intérêt américains et japonais, le marché misant sur de nouveaux durcissements monétaires de la Réserve fédérale américaine (Fed) plus tard cette année.

Pour autant, les chiffres de l'emploi américain diffusés jeudi "sont ressortis inférieurs aux attentes du marché, et les spéculations sur de nouveaux relèvements de taux de la Fed se sont quelque peu apaisées, déclenchant des ventes généralisées de dollars", de quoi aider le yen, observent les experts du courtier Monex.

Energies renouvelables en force à Shenzhen

Un géant chinois des énergies renouvelables, China Resources New Energy, a fait une entrée en fanfare jeudi à la Bourse de Shenzhen, où son cours a flambé de 137% sur sa première séance par rapport à son prix d'introduction.

Il s'agit selon les médias financiers de la plus importante introduction en bourse réalisée en Asie depuis le début de l'année: l'opération a permis au groupe de lever 24,5 milliards de yuans (3,6 milliards de dollars).

L'entreprise est une filiale de China Resources, vaste conglomérat dont les activités vont des boissons à l'immobilier.

Vendredi vers 03H00, le titre cédait 7,7%, reprenant son souffle.

Le pétrole raffermi

Vers 03H00 GMT, le cours du baril de WTI nord-américain gagnait 0,57% à 69,08 dollars, et celui de Brent de la mer du Nord 0,65% à 72,27 dollars.

Le marché reprend son souffle après avoir reculé sur les dernières séances après des discussions Iran/Etats-Unis et sur fond de circulation accrue dans le stratégique détroit d'Ormuz.