Les Bourses européennes ont clôturé en hausse vendredi, journée calme avec la fermeture de Wall Street pour cause de fête de l'Indépendance, au terme d'une semaine marquée par des anticipations de politique monétaire américaine moins restrictive.

Les marchés européens ont connu leur meilleure semaine depuis mai, d'après l'agence Bloomberg.

"Les marchés européens ont atteint de nouveaux sommets historiques", constatait en début de séance l'analyste Neil Wilson de Saxo Markets, mentionnant entre autres "le Stoxx 600 (indices des 600 plus grandes capitalisations européennes) à de nouveaux plus hauts de tous les temps".

"Les actions sont dynamiques après un rapport sur l'emploi américain plus faible que prévu, qui a atténué les inquiétudes des marchés quant à une prochaine hausse des taux d'intérêt par la Fed", ajoute-t-il.

Aux Etats-Unis, le chômage est passé de 4,3% à 4,2% en juin mais la première économie mondiale a créé dans le même temps moitié moins d'emplois qu'attendu.

Selon les statistiques officielles publiées jeudi, 57.000 emplois ont été créés sur la période, quand les investisseurs en escomptaient autour de 110.000, d'après les différents consensus.

- Changement d'humeur dans la tech -

En parallèle, "le mal d'altitude qui frappait récemment les valeurs technologiques s'atténue quelque peu ce matin", souligne Jim Reid, économiste à la Deutsche Bank, avec un indice Kospi à Séoul "en fort rebond (+5,76%) après une semaine difficile".

"Après plusieurs mois durant lesquels les performances se sont concentrées sur un nombre limité de thèmes et de secteurs, le marché semble aujourd'hui chercher de nouveaux relais", ajoute Florent Ielpo, de la banque privée Lombard Odier.

Dans le détail, Francfort a progressé (+0,78%), porté par le spécialiste de l'énergie E.ON (+4,38%) et Siemens (+2,60%), qui ont largement compensé un nouveau recul de Rheinmetall (-1,88%).

Milan faisait presqu'aussi bien (+0,75%), emmené par des achats de titres d'Amplifon (équipements médicaux, +4,71%) et un très léger mouvement de vente sur Ferrari (-0,60%).

A Londres (+0,25%), les investisseurs ont été moyennement audacieux tout comme à Paris (+0,39%) où les champions de l'eau et de l'énergie Veolia (+2,80%) et Engie (+2,06%) ont réalisé les deux meilleurs performances de la journée.

L'optimisme des marchés a été alimenté par "plusieurs informations positives", relève Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote.

"Anthropic serait en discussion avec Samsung afin de développer une nouvelle puce électronique", poursuit Mme Ozkardeskaya.

Le secteur des semi-conducteurs repart également à la hausse en Europe. A Francfort, Infineon Technologies a pris 17,9%.

- Le pétrole quasi stable -

Le prix du baril de brut reste presque stable "tandis que l'augmentation des flux de pétrole transitant par le détroit d'Ormuz et la poursuite des négociations entre les États-Unis et l'Iran continuent d'atténuer les inquiétudes concernant l'approvisionnement", commente Soojin Kim, de MUFG.

Des représentants américains et iraniens ont conclu jeudi une session de négociations techniques et indirectes au Qatar en vue de faire cesser durablement les hostilités au Moyen-Orient, après des échanges de frappes ayant menacé la trêve.

Vers 16H17 GMT, le Brent de la mer du Nord, référence mondiale, prenait 0,36% à 72.06 dollars le baril (68,71 dollars pour le WTI amériican, +0,03%).

"À l'avenir, les prix du pétrole devraient rester contenus dans une fourchette étroite, voire s'orienter légèrement à la baisse, à mesure que l'offre régionale continue de se normaliser et que les primes de risque géopolitique s'estompent", estime l'analyste.

Petite tension sur les taux

Sur le marché obligataire, les taux d'intérêt d'emprunts de l'Allemagne (2,93% contre 2,90% la veille) et la France (3,72% contre moins de 3,71%) remontaient légèrement.

La semaine a été marquée par la réunion des banquiers centraux à Sintra et les messages du président de la Fed Kevin Warsh (le risque d'inflation se dissipe, les prix restent trop élevés, 2% d'inflation reste l'objectif).

"Ce qui manque aux marchés, c'est qu'on n'a pas les clés de son interprétation. On ne sait pas comment il va réagir en fonction des données", commente Stéphan Mazel, directeur de la gestion obligataire chez Groupama Asset management.